Archives quotidiennes :

Thaïlande: Bangkok

On arrive à Bangkok comme dans une fourmilière : beaucoup de fourmis, beaucoup de galeries, les panneaux indicateurs sont en alphabet termite (le thaï, c’est un grand plat de nouilles, les mots pouvant être tous collés), de la nourriture préparée à chaque coin de maison, fraîchement transportée -en sorte de charette. La ville n’a pas de début, pas de fin pour le voyageur. On y rentre et on en sort de nuit la plupart du temps, mais même de jour, la mégalopole s’étire sans démarcation vers les agglomérations voisines.

IMG_2521

IMG_1399

IMG_1401 IMG_1513

IMG_1416IMG_1502IMG_2985

IMG_1672IMG_1652Les travaux d’expension ont repris depuis notre précédente visite, il y a quatorze ans : la capitale voit en grand en ce qui concerne le réseau de communication routier ou de transport public.IMG_2506

Les ouvriers qui sont sur les chantiers ont installé leur hamac pour la pause (et/ou la nuit?).

IMG_2512

Mais c’est bien le seul impact visible des pouvoirs publics. Ici, quand on se balade dans les rues, on traverse des quartiers où les habitants sont livrés à eux-mêmes.  Je ne dis pas cela dans la négative. L’Etat ne s’immisce pas dans les affaires individuelles. C’est donc le bon sens commun qui régule ce qui doit être et ce qui ne le doit pas. Ainsi, on peut trouver des voitures bricolées qui rendent la vie économique et pratique pour tout le monde: on découpe toute la tôle à l’arrière du véhicule,  on aménage une structure en bois -adaptable à souhait-, deux bâches pour les cas de pluie -ici on ne risque pas d’avoir froid-, des bancs et voilà un bus qui peut transporter entre huit et trente personnes (tout dépend de la taille du véhicule au départ). Un investissement minimum d’où des voyages pas chers pour un revenu intéressant pour le propriétaire… tout le monde est content. A ceci près qu’il ne faut pas avoir d’accident! Si l’Etat s’ingérait dans ce domaine, tout le monde serait perdant, à moins de mettre en place un système de métro efficace (ce qui est le cas, mais seulement pour les longs trajets nord-sud, est-ouest). Cela dit, les routes thaïlandaises sont de bonne qualité et larges… mais ce n’est pas forcément bien. Du coup, les thaïs roulent très  très vite et comptabilisent des records d’accidents.
Mais ce n’était là qu’un exemple. Les politiciens laissent chacun faire son commerce librement. On peut donc manger dans la rue les plats typiques pour un dixième du prix d’un restaurant. Les petits étals arrivent toujours à la même heure selon leur habitude, déplient tables et tabourets, ouvrent leur charrette et commencent à cuisiner. Pas de contrôle d’hygiène. On peut froncer le nez devant un cheveu dans la soupe, ou un moustique coincé dans le pad thai. C’est sûr, il ne faut pas être tatillon. Il ne faut pas non plus faire une fixette sur les particules noires des pots d’échappement qui s’accumulent sur les bâches, les toiles d’araignée.

-La cuisson du riz chez les thaïs , un pad thai en omelette…-

IMG_2530IMG_2963

IMG_2961

IMG_2531IMG_2154

IMG_1388

IMG_2157.

Mais peu de risque de tomber malade. Les produits sont frais. Sans cela, la clientèle fuirait. Et chaque buibui est en concurrence avec une dizaine de ses semblables. Oh et puis mince! C’est l’aventure! Si nous ne sommes pas capables de nous adapter à ce genre de situation (au final très agréable pour le palais), quand serons-nous prêts pour tester du scorpion ou du serpent ? (snif, on n’a pas trouvé de ce dernier! Mais le précédent, grillé embroché, avait un très bon goût de chips « barbecue »)

IMG_2965IMG_2970

IMG_3019IMG_1423En bref, on a mangé au « resto » tous les jours, ce qui, pour ma part, m’arrive une à deux fois par an en France. Et ici, les cuistots cuisinent sous vos yeux. On voit que l’hygiène est passée dans les habitudes: utilisation de gants ou de pinces pour manipuler la nourriture, de sachets plastiques -hélas!- également. D’après mes observations, je pense aussi que 99% de l’eau utilisée pour les boissons est purifiée (bien qu’il soit toujours conseillé dans les guides touristiques de se méfier des glaçons et des jus coupés). Des pratiques qui se sont généralisées en Amérique latine également. Des distributeurs d’eau potables sont même à disposition dans les quartiers populaires.

IMG_2486
Bon, mais Bangkok, c’est aussi la Chao Praya River et ses khlongs qui se déroulent  en lacets au milieu de la ville, ses maisons brinquebalantes sur pilotis rongés d’humidité, les énormes varans glissant dans l’eau grasse.IMG_1409IMG_1515IMG_1506IMG_1510IMG_1598IMG_1610IMG_1631IMG_1614IMG_1639IMG_1649IMG_1640IMG_1601

IMG_1627IMG_1636
IMG_2999

Bangkok, c’est aussi une flopée de temples et palais brillants de couleurs et de mosaïques de miroirs. Je les préfère en noir et blanc, habituée que je suis à l’histoire écrite en vieilles pierres. Mais les thaïs aiment le cliquant, un peu kitch, des frontons, des toits, des chédis. La couleur privilégiée pour les Bouddhas , Bouddhas petits, Bouddhas géants, reste l’or – déposé parfois par les fidèles sous forme de feuilles d’or ultra fines-… et le safran des tissus qui les couvrent.IMG_3016IMG_3009IMG_1669IMG_1578IMG_1570IMG_1572IMG_1575IMG_1548IMG_1543IMG_1532IMG_1531IMG_1530IMG_1528

IMG_2977IMG_2978IMG_1524
IMG_1568  IMG_1592

IMG_1495

Et c’est ainsi que nous avons abordé la Thaïlande et sa touffeur incroyable. Nous sommes restés quelques jours sur Bangkok le temps d’être sûr qu’Arthur se remette de sa dengue.  Ce doit être bizarre d’avoir de la fièvre dans 39°C à l’ombre! Heureusement cela n’a pas duré et nous avons pu arpenter la ville, son quartier chinois, ses marchés… dans divers moyens de transport: taxi, tuk-tuk, métro aérien, train, taxiboat. IMG_1420

IMG_1418IMG_1414

IMG_1412

Nous avons pu également prendre la mesure de l’adoration que les thaïlandais vouaient à leur roi Rama IX (Bhumibol) omniprésent, avant de quitter la capitale pour un peu de verdure du côté de Chiang Mai.

IMG_1519

Attention à la date du billet de train! Nous sommes en 2558 ici!

IMG_1498

IMG_1657IMG_2510

H.

Denpasar – Bangkok via Singapour

Une page se tourne et notre route nous ramène de plein fouet à la civilisation « moderne » au sens technique. Depuis notre avion nocturne qui nous mène à Singapour nous voyons déjà les premiers contrastes: d’une île à l’éclairage parsemé et faiblichon le long des petites routes de Bali, souvent pris en charge par les habitants qui laissent l’ampoule de la façade allumée toute la nuit, nous passons à une autre île où les zones d’ombres sont rares, même en mer où les pêcheurs braquent leurs projecteurs sur les flots, où les raffineries de la côtes brillent de mille feux à l’instar de nos usines classées Seveso. Singapour nous tend les bras de ses artères larges et chics.

Arrivés à la petite auberge de jeunesse, nous nous écroulons. Il est deux heures du matin. Le lendemain, notre prochain avion nous attend en fin d’après-midi pour Bangkok. Nous avons inscrit cette escale, à première vue inutile, dans notre parcours (nous n’aurons pas vraiment le temps de visiter ce dragon) à cause d’une fastidieuse histoire de visa. L’Indonésie sanctionne cher chaque jour dépassant le visa de trente jours. Le nôtre, renouvelé une fois (soit un total de 60 jours -35 dollars x 2 x quatre personnes), se terminait là et chaque journée supplémentaire aurait coûté 20 dollars par personne. De l’autre côté, en Thaïlande, notre visa se limitait lui aussi à 30 jours. Grâce à cette journée entre les deux pays, nous arrivons à passer dans les clous.

Il était donc temps de larguer les amarres, ne sachant pas bien à quelle sauce on serait mangé à Singapour. Et là, nous avons été assez agréablement surpris. Le logement et le taxi ne sont pas très bon marché comparé à nos standards précédents, c’est sûr, mais on mange très très bien pour six euros par personnes dans des restaurants où les commandes se font sur l’I-Pad fixé à chaque table! Quel contraste pour nous! un autre monde! Cela dit, nous aurions pu manger pour moins que ça à quelques pas de là, avec moins de chichis!

11-06-15 Singapour 11-06-15 Singapour (3) 11-06-15 Singapour (4)

La traversée de quelques quartiers via le métro ultra clean nous dévoile des immeubles modernes, des routes et des véhicules à l’occidentale. Arthur est dans un état second à cause de sa fièvre, mais il suit et nous aide aussi à porter quelques petits bagages. A l’aéroport, de drôles d’indications aux toilettes indiquent aux voyageurs de Malaisie, d’Indonésie et d’ailleurs comment les utiliser.

10-06-15 Aeroport Denpasar (6)

11-06-15 Singapour (8)

Nous arrivons à Bangkok qui nous ramène à une réalité plus asiatique que la parenthèse singapourienne. Bouffée de chaleur en plein visage, tentative d’arnaque dès le débarquement, train et métro jusqu’à un hôtel réservé à l’avance mais où on ne restera pas longtemps, préférant le Ton Aor Place, bien plus accueillant pour moins cher. C’est à partir de là que débutera notre découverte de la capitale thaïlandaise.

Nous ne regrettons pas ce passage express par Singapour: curiosité assouvie. Un vieux quartier qui nous échappe hélas, mais une vue d’ensemble qui nous rappelle un peu -trop, à mon goût- les villes américaines. Je suis donc contente d’avoir vu ce qu’il en était sans y avoir consacré trop de temps.

Retour, maintenant, à l’exotisme.

H.