Archives pour la catégorie 05- Incursion au Quebec

Le Québec 2

De Saguenay à Val Jalbert en causant sur les québécois et leurs paysages.

La partie Nord de notre voyage, avec le temps qui va avec. Mais heureusement marqué par la gentillesse et la bonne humeur des québécois et la beauté des paysages.

Comme nous avons été matinaux pour voir les baleines, nous avons le temps d’aller jusqu’à Saguenay (la ville) pour y faire un peu de grimpe. Enfin !!! La route traverse de très beaux paysages enfin vallonnés ; nous n’avions pas vu de vrai relief depuis la sortie du Dakota. Dans chaque creux de colline, un lac. Au bord de chaque lac, des gens qui se sont aménagés leur petit paradis.

13-09-14 Le long du Saguenay (2)

Et qui d’ailleurs préparent l’hiver avec ardeur. Cet hiver risque encore d’être rude car « quand homme blanc couper beaucoup de bois… Hiver rude. Hugh ! ».

Arrivé au sommet des falaises, je coupe le contact pour entendre les premières gouttes de pluie d’une averse qui durera ensuite toute la nuit. Grrr !!! Pas encore pour cette fois. Dommage, les voies promettaient (bien équipées) et le caillou était joli (un granite rose).

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Mais sous la pluie et par moins de 10°C, bof, bof. Nous avions pourtant tout bien fait : bloquer cette fin de journée et le lendemain pour l’escalade, repérer les accès, varier les grimpes et…flûte ! Ce ne sera toujours pas pour cette fois. Prochain spot : les Red River Gorges dans les Appalaches. Nous avons prévu 4 jours pour grimper, il y en aura bien un de valable ! Croisons les doigts.

Nous jetons donc la sortie escalade dans les eaux glacées du fjord et nous dirigeons vers le lac St Jean et son village fantôme : Val Jalbert.

En n’oubliant pas, bien sûr, de bien nous arrêter aux… Arrêts (Québec oblige).

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F.

Val Jalbert est un village de compagnie, ce qui veut dire qu’il est né et s’est développé à cause, pour et autour d’une usine.

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En l’occurrence, une pulperie. Les besoins en papier journal de la fin du XIX° siècle ont décidé un industriel à installer une usine dans ce coin du Canada, proche des voies de navigation, au milieu d’une forêt sans bornes, au pied d’une chute d’eau qui approvisionnera en électricité (et en force motrice) l’usine … et le village. Car en parallèle, en 1901 est construit le village qui hébergera les ouvriers et leur famille, organisé autour de l’école et de l’église. Très moderne pour son temps, Val Jalbert offrait des commodités que les habitants voisins jalousaient : électricité, eau courante, WC intérieurs, tapisserie à la mode, loyers bas, bois de chauffage bon marché, services à proximité.

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L’industrie de la pulpe dut faire face aux impitoyables lois du marché dans les années 20 et l’usine fermant, les villageois quittèrent la région. Val Jalbert devint alors un village fantôme.

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Remis au goût du jour dans les années 60 comme attraction,le village est rénové seulement à partir des années 1990.

Fin du paragraphe historique. Le Canada ayant été peuplé tardivement, son histoire est toute neuve comparée aux millénaires qui ont marqué notre Europe. ‘Scusez !

C’est en tous cas à partir de là que le tourisme s’est développé et qu’on peut s’immerger dans la vie des gens de l’époque. Epoque brève et bien délimitée dans le temps : les années 20. Les reconstitutions sont très bien faites, notamment le spectacle immersif, dans l’usine, vraiment bluffant dans un coin si reculé. Les explications de fabrication de la pâte à papier sont claires, malgré l’accent québéquois très… terroir. Des acteurs costumés animent la visite de leurs anecdotes.

Le vallon où tombe la chute d’eau vaut à lui seul le détour et un téléférique permet une vue générale sur le lac St Jean et l’accès au sommet de la chute (plus haute que celle du Niagara! Une de plus!). On peut aussi y voir comment le  bois était acheminé par la rivière jusqu’à l’usine.

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En somme, j’ai beaucoup apprécié cette journée, la plus septentrionale de notre tour du monde ! Si vous passez par là un jour, obligé,  arrêtez-vous !

Après ça, nous bifurquons vers le sud et nous terminons par une journée consacrée à la détente au bord d’une rivière où nous nous essayons à la pêche -sans trop de succès-, au tricot, … du plein air à des températures plus clémentes, bien à propos !

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Après Trois Rivières où nous dégotons les meilleures tomates d’Amérique du Nord, nous nous approchons  de la frontière.

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Eh oui, il va bien nous falloir quitter le Québec, un peu à regrets il faut dire, mais avec la perspective d’atteindre la saison que nous avions planifiée au départ : l’été ! Ce petit hiver inattendu aurait pu précipiter l’ « été indien » canadien, malgré le calendrier (mi septembre). Cela s’est joué à 2 semaines ! Hélas, nous n’avons pas le temps de l’attendre, notre visa aux USA expire le 8 octobre et tant de miles restent à faire !

H.

Le Québec 1 : Des Mille-Îles aux Baleines.

Le Québec 1 : Des Mille-Îles aux Baleines.

Nous reprenons donc notre traversée du « désert » après cet oasis que fut Toronto. Direction le Nord-Est, le pays du sirop d’érable et de la bière du diable : le Québec. 25 ans après, pour moi -5 ans de mieux que les mousquetaires- ce n‘est pas rien ! Pour le chemin à suivre c’est facile : longer le lac Ontario jusqu’à sa limite Est, là où il se transforme en fleuve St Laurent. Suivre ce dit fleuve jusqu’à plus soif.

Mais d’abord une petite halte aux Mille-Îles, un endroit sympathique, conseillé par la non moins sympathique Caro. Là, une route côtière nous permet de nous rendre compte à quel point les Canadiens aiment avoir leur maison au bord de l’eau, avec leur ponton à eux et leur(s) bateau(x).

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Ils vont même jusqu’à coloniser le moindre caillou qui dépasse de l’eau. Ainsi certains semblent ne vivre que sur le fleuve, avec le bateau comme moyen de locomotion, et pour faire les courses, les épiceries où l’on peut se « garer » en bateau. Cette tendance se confirmera par la suite, il n’y a pas que les bords du fleuve qui soient colonisés : le moindre lac, la moindre rivière ont sa ou ses maison(s) qui les bordent avec ponton et tout et tout.

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Au bout de la route, un petit parc permet aux enfants de se détendre et à tous de se baigner dans une eau plutôt propre. Et, ô surprise, une douche avec eau chaude nous attend pour nous débarbouiller après la baignade.

10-09-14 Thousand  Islands (15) 10-09-14 Thousand  Islands (13) Un bbq de

compét’.

10-09-14 Thousand  Islands (12) 10-09-14 Thousand  Islands (5) 10-09-14 Thousand  Islands (2) Déjà le rangement pour l’hiver!

Un petit changement de dernière minute nous fait éviter Montréal par le Nord ; nous sommes décidément des rats de champs, nous verrons au retour si nous y passons. Nous atterrissons donc à Lachute où nous profitons d’un Wifi pour passer du temps sur skype avec la famille entre deux leçons.

Encore quelques heures de route et nous voici arrivés à la ville de Québec. Une très jolie ville avec un vieux quartier où le mot vieux n’est pas à mettre entre guillemets. Fondée en 1603 par Champlain, sur un terrain déjà occupé par un village de Wendake (les natifs du coin), c’est devenu un bastion fortifié servant de base arrière au marquis de Montcalm lors des guerres coloniales entre français et anglais. La ville elle-même aura servi de cadre à plusieurs batailles. L’une, fatale à Montcalm et à l’issue de laquelle la ville change de main, sonne la fin de l’aventure française au Canada. Par la suite, les anglais fortifient la ville et … il n’y aura plus d’attaque. Nous pouvons donc admirer de magnifiques murailles inusitées.

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Comme j’ai été frustré de tour de France cette année, j’ai mon lot de consolation avec le GP de Québec, course où Thomas Voeckler a brillé par le passé. Le seul problème, c’est que ça désorganise la circulation et donc pour se garer en ville c’est coton. Nous optons pour un parking devant la gare et nous récolterons notre prune habituelle : après S.F. et Toronto… Québec. Aussi, il faut nous comprendre, rats des champs et… voilà.

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D’autres vues de cette charmante ville:

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Nous ne pouvions pas quitter la ville sans goûter la « poutine » (encore une suggestion de Caro), ce sera fait chez Ashton, l’inventeur de la recette selon l’office du tourisme. La poutine : pas de vodka ni de conflits, ce sont juste des frites saupoudrées d’un fromage genre mozzarella, le tout assaisonné de jus de viande épaissi. Nous avons opté pour des portions mini (il y avait aussi bébé ou reg.), dont deux avec saucisse, et les enfants n’en sont pas venus à bout. J’ai été obligé de finir leur part. Un sacré cocktail de calories qui tombait assez bien, la température commençant à franchement descendre.

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Et sur ce repas pantagruélique, nous tournons le dos à Québec, roulons un peu et nous retrouvons aux chutes de Montmorency.

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Ça faisait longtemps, ça commençait à nous manquer. En tous cas, c’est toujours aussi impressionnant. Et nous constatons que, comme pour le vin l’étalon est toujours le Bordeaux, pour les chutes, ce sont celles du Niagara qui servent de référence. Celles-ci sont plus hautes de 30 m que celles du Niagara. Il faut venir voir pour comparer. Au passage, dans les embruns, nous avons observé des « arcs » en ciel tout ronds, fermés. Bizarre.

Petit trajet à la tombée de la nuit le long de la côte (le St Laurent est tellement large ici que l’on peut parler de côte),

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traversée du Saguenay sur un bac (gratuit) et nuit à Tadoussac.

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Tadoussac ? C’est quoi encore ce trou paumé ?

En fait, c’est le spot pour approcher des baleines à coup sûr. J’ai gardé un bon souvenir de l’expérience d’il y a 25 ans, même si je ne mesurais pas alors la chance que j’avais. Et forcement c’était mon petit caprice de 1500 miles : j’avais envie de partager cela avec Helena et les enfants. Certes, l’excursion n’est pas donnée, mais c’est unique : deux heures sur l’eau au plus près des baleines ! Façon de parler, en fait on ne peut s’approcher à moins de 100 m (400m si c’est une espèce en danger). Cependant la baleine, elle, peut faire la curieuse et frôler le bateau. Cela m’avait fait tout drôle à l’époque de voir que le rorqual commun qu’on observait était plus grand que notre bateau. Mais cette fois, elles sont restées plus sages. Cela ne nous a pas empêché de nous régaler. Tout d’abord, on nous équipe avec des vêtements genre pour le ski. Et ce c’est pas de trop par dessus les épaisseurs que nous avions déjà prévues!

13-09-14 En route pour les baleines (6) 13-09-14 En route pour les baleines (3) 13-09-14 En route pour les baleines (2)

Pour commencer deux petits rorquals à la sortie du port (petite bête de 8m et 8t environ)

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Nous continuons les amuse-bouche avec des phoques gris et des marsouins (genre de petits dauphins)

Pour en arriver à la baleine à bosse : Blanche neige (ou Blizzard), à cause du dessous de sa queue entièrement blanc.

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Il s’agit là du troisième plus gros animal porté par notre planète (13m , 20 à 30t) derrière le rorqual commun (jusqu’à 50 t) et le rorqual bleu ( ou baleine bleue) de 80 à 130t. Toutes ces bébêtes peuvent être observées ici, mais il faut être assez chanceux pour voir la bleue, elle ne vient qu’occasionnellement. En tous cas, nous, faute d’avoir vu la plus grosse, nous aurons vu la star ! Celle qui sort sa queue de l’eau, et c’est tellement plus joli ! Parfois même elle « saute » mais nous n’y avons pas eu droit. Ça nous oblige à revenir une autre fois.

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Là normalement il y a une vidéo, avec queue (de baleine) qui sort, cris d’extase et tout et tout mais pour le moment elle ne veut pas se charger sur le blog… (à suivre).

Et enfin sur le retour, un groupe de résidents permanents : des bélugas. Gros dauphins blancs sans aileron (jusqu’à 1,5t).

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13-09-14 Belugas (3) Nous ne pouvons pas trop nous approcher d’eux étant donné qu’ils sont une espèce en danger. A vous de zoomer.

Pourquoi une telle concentration de grands mammifères marins à cet endroit ? Pour commencer, il faut dire qu’ici nous ne sommes plus vraiment dans des eaux de fleuve, l’eau douce est devenue salée au niveau de Québec (c’est ce que Québec veut dire en langage des natifs). De plus, nous sommes à la confluence entre le fjord du Saguenay et le St Laurent. L’eau est froide de 0 à 4 °C. Toutes ces conditions réunies font que le milieu est particulièrement riche en plancton. Et comme les baleines en sont friandes, elles accourent ici après une saison des amours passée dans les eaux pauvres de la mer des caraïbes. Elles arrivent au début de l’été complètement « sèches », et repartent en octobre avec, de 4 à 5 t de plus sur la balance. Pas étonnant qu’elles prennent autant, elles consomment jusqu’à 1t de nourriture par jour !

Voili voilou, et comme nous l’a dit Joë, notre capitaine de zodiac : « C’ pâs que j’ vous aime pâs là, mais, c’la fait deux heures, ‘faut rentrer maint’nant. »

PS : Super dur de transcrire l’accent québécois. Une raison de plus pour venir.

F.