Archives pour la catégorie 06- L’Est américain

Mammoth Cave NP

Après avoir escaladé les falaises de grès du Kentucky, nous allons faire un tour dessous pour voir ce qu’il s’y passe.

Nous arrivons assez tardivement sur place, à Mammoth Cave, suite à un détour à Charlottesville pour recharger en cartes dans un AAA, et faire un appoint d’essence.

Au passage, Charlottesville est le lieu de naissance de Lewis Meriwether, le Lewis de l’expédition Lewis & Clark. Vous savez ! 1803. Jefferson pousse les américains à aller toujours plus à l‘Ouest, il envoie des expéditions d’exploration dont la plus connue est celle de Lewis et Clark. Ils reviendront trois ans plus tard après avoir poussé jusqu’au Pacifique par l’Orégon. Et ceci en bonne intelligence avec les locaux (indiens), qui leur ont fourni une aide précieuse et leur ont permis de revenir tous sains et saufs  (seulement 1 mort à déplorer : fièvre). Tout le monde les pensait perdus corps et âmes, et eux, réapparaissent en vêtements d’indiens, les coffres pleins de carnets de notes. De vrais héros aux États-Unis : nous avons souvent croisé leurs traces pendant notre parcours.

Arrivés au parc, nous allons directement au visitor center récupérer les « Booklets » des enfants, et nous apprenons le b a ba de ce parc. C’est le plus grand complexe de grottes au monde (n’oublions pas où nous sommes tout de même), 365 miles de boyaux explorés, et il en reste à voir. Mais seulement quelques miles de visibles par les touristes. Pas de droits d’entrée mais nous payons pour la balade que nous voulons faire et qui sera forcément guidée. Et il se trouve qu’il y en a une qui démarre là, tout de suite. Nous payons donc 44$ pour le « Star Chamber Tour », nous nous couvrons et la visite commence.

Tout d’abord, nous avons droit à un topo complet sur l’usage des lanternes que nous allons utiliser : c’est un tour à l’ancienne pour voir les grottes comme elles étaient vues par les 1er touristes.

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Ensuite, la balade commence par une partie aérienne dans un petit canyon qui nous permet de voir de quoi sont formées ces grottes : un toit en grès (sandstone), et les grottes sont dans une couche de calcaire (limestone).

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Arrive enfin l‘entrée, nous sommes enveloppés par un courant d’air froid, et nous voyons de suite l’utilité des lanternes. Dur de faire de bonnes photos dans ces conditions (pas le droit au flash, et il faut rester grouper). Le ranger qui nous mène est intarissable ; nous essayons de traduire aux enfants ce que nous comprenons. Mais il se trouve qu’il manie beaucoup l’humour pince sans rire ce qui rend la tâche difficile. Le tour durera 2h30, 1.5miles sur deux parties de la grotte : Gothic Avenue et Star chamber.

C’était intéressant, mais loin de ce que nous avions imaginé au départ. Certes la lumière des lanternes donnait une ambiance grâce aux ombres projetées, et au fait qu’elles éclairaient mal et laissaient donc une grande place à l’imagination. Mais la grotte elle-même est assez décevante, un boyau interminable avec une voute noircie par les feux des hommes et très peu de formations naturelles intéressantes.

Du coup pour « meubler », c’est l’histoire de la grotte qui est racontée :

Sa découverte par un chasseur poursuivant un ours qu’il avait blessé. Un faux « Kentuckien » soit dit en passant. Il aurait eu l’ours dès la première balle sinon.

Son exploitation pendant la guerre de 1812 (l’une des nombreuses guerres entre français et anglais aux Amériques), pour récupérer le salpêtre afin de faire de la gunpowder. D’où pleins de restes de cette exploitation encore dans les « mines » de nos jours.

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Des histoires de fantômes et de galeries hantées car ce sont d’anciennes sépultures des natifs.

L’exploitation touristique du lieu qui a commencé très tôt (1816, il me semble, de tête). Au début les tours pouvaient durer plusieurs jours, puis au 20ème S, ils se sont rendus à des formats plus raisonnables : de 6 à 8h pour le petit tour et de 12 à 16 h pour le grand, pour 4 $ ! Il y a de nombreuses traces de ces touristes d’antan. En effet ils avaient le droit de prendre des bougies pour signer leurs passages. Ainsi quand la voute n’était pas déjà noircie, elle était remplie de tags. Ils ont fini par abandonner l’idée.

Le fait qu’un médecin allemand de l’époque, qui a possédé les grottes,  a cru bon de faire construire des bâtiments dedans pour y mettre des tuberculeux. Pensant que l’atmosphère non changeante leur ferait du bien. Ainsi pendant les plusieurs  mois qu’a duré l’expérience, tous les touristes qui sont passés par là ont eu la chance de devenir tuberculeux à leur tour. C’est au décès d’un des malades qui tentait de ressortir pour de nouveau sentir le soleil sur son visage, que l’expérience prit fin.

Et enfin la Star chamber elle-même. Toujours cette voûte noire, mais constellée de points blancs dus aux cailloux jetés là par les visiteurs masculins qui, pour plaire aux visiteuses, rajoutaient une étoile. Avec la lumière des lanternes cela rend assez bien, surtout qu’ils le mettent en scène en nous plongeant dans un premier temps dans le noir complet, puis en ramenant la lumière peu à peu. Nous avions l’impression d’être dans un slot canyon (comme buckskin gulch ou antelope) de nuit.

Voilà donc un compte rendu assez exhaustif de la visite. Il ne nous restait plus qu’à remonter, à passer dans les pédiluves pour lutter contre la rage des chauves-souris (White nose syndrom) et à aller nous coucher. La nuit tombe très tôt dans le coin (environ 7h).

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Le lendemain matin au visitor center, nous décidons de ne pas redescendre, les tours proposés étant plus chers, et nous craignons en plus d’être de nouveau devant un conférencier avec beaucoup de blabla, et pas grand-chose à voir. Or nous nous sommes donnés un an pour…voir et pas pour écouter quelqu’un qui ne parle même pas français. Nous nous contentons de la visite du musée, de la coupe de cheveux dans le parc, nous faisons classe et bye bye Mammoth Cave. Si nous avions mieux cherché, il  y avait sûrement des choses intéressantes à faire, genre spéléo, mais nous ne sommes pas motivés.

Aller, encore un petit coup à l’ouest et nous aurons atteint le Mississipi.

F.

Red river gorges

Une belle traversée de Virginia, de West Virginia, et d’une partie du Kentucky, nous conduit dans ce petit paradis pour grimpeurs : Les Red River Gorges.

Pourtant notre premier jour sur place ne promettait pas : bien qu’arrivés assez tôt, il nous faut nous poser au camping (littéralement, nous déposons le campeur, pour ne nous déplacer qu’avec le truck), sortir, vérifier et agencer le matériel d’escalade, manger, faire classe et trouver le premier secteur de grimpe.

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Nous y voilà. Au pied des voies. Et il y a des spits et des relais. Mais pas de topo. Nous y allons à l’œil, il faut que « la ligne nous attire » (Etienne sensei), qu’elle soit belle et … pas trop dure pour commencer (ça fait deux mois et demi depuis la dernière fois !). Nous jetons notre dévolu sur deux voies pas trop longues, assez verticales mais qui d’en bas semblent avoir tout ce qu’il faut pour aller en haut.

Raté !

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J’ai laissé un maillon rapide dès la première voie. C’est la première fois pour moi en falaise, je m’étais toujours débrouillé pour aller en haut, même en trichant tout ce que je pouvais, ou en me cassant la main de façon à éviter cet affront. Au début ça chauffe un peu mais ça passe, puis à 1m du dernier spit…plus rien. Tout le monde essayera, personne n’y parviendra. Pas de bras…plus de maillon rapide (après consultation du topo, cette voie était une 5.10a soit 6a+avec « a delicate blank section at the top », trop dure à l’échauffement pour moi).

Changement de secteur, une voie qui parait beaucoup plus faisable (5.10b = 6a++ finalement), sympa, longue et variée. Nous allons jusqu’en haut cette fois, un seul stop. Tout le monde la tente et c’est déjà l’heure de rentrer, la nuit tombe.

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Mais d’abord passage chez Miguel pizza, le QG des grimpeurs, pour y acheter le topo.

Après consultation du topo, nous passons notre second jour à Muir Valley. Une vallée entière possédée par un couple qui laisse les grimpeurs aménager le coin. Pas seulement les falaises : les sentiers de randonnée, les toilettes, les abris à pique-nique. Pour se faire, une asso a été montée. Cet endroit abrite des voies mythiques mais aussi quelques secteurs pour grimpeurs plus modestes, heureusement pour nous.

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Pour accéder au secteur, il nous faut traverser une forêt avec un drôle de mélange d’ambiance. Entre une forêt tempérée avec ses chênes et une forêt tropicale :grandes fougères, arbres à immenses feuilles inconnus de nous, humidité et cris d’animaux qui vont bien.

Ce fut une journée très sympa avec deux voies très faciles pour commencer, puis on corse un peu pour finir un peu plus light. Cette journée culminera avec un 5.9+ pour moi (environ 6a), petit mais déversant avec de jolis mouvements amples, suffisant pour me contenter. Il y a sa grande sœur à côté (5.10c), pour demain.

Lendemain au même endroit, sur d’autre voies assez faciles pour que tout le monde puisse s’amuser. Deux 5.7, une 5.8, une 5.8+ (=5c) et la 5.10c sont au programme. Cette dernière 6b ne passe pas, même en moulinette. Plus de doigts (ils sont à vif), et plus de peps pour ce petit dévers.

Ce sera notre dernier jour ici ; pendant ces trois jours, nous aurons grimpé sur un grès veiné de fines couches ferrugineuses plus solides qui forment des réglettes (slags). C’est sur ces dernières que l’on grimpe, parfois de vraie étagères, parfois juste la place pour un arqué du bout des doigts. Un petit bémol, pour nous qui ne grimpons pas en terre d’av, les voies qu’on affectionne habituellement n’étaient pas équipées. Et pour cause, elles suivent souvent des failles ou des dièdres, terrain de jeu favori de la grimpe naturelle (comme ils disent ici).

Pour finir, ça a fait du bien de parler, penser, rêver escalade pendant trois jours. Cela, même s’il me faut, hélas, revoir mes ambitions à la baisse. Mais je reviendrai au top et là…

Vivement les prochaines falaises.

F.

Washington DC

Pour s’y rendre depuis New York, il faut traverser trois petits états : le New Jersey et le Delaware et le Maryland (de mémoire, à vérifier). Et Washington c’est là, coincé entre le Maryland et la Virginie. Chose étonnante, plus on s’approche de la capitale, plus l’essence est bon marché. Ainsi les deux états entourant Washington sont les moins chers de notre périple. Avec la palme pour la Virginie qui vend 1 gallon (environ 4l) pour 2.99 $.

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Quand on pense qu’au début du voyage notre but était de rester sous les 4 $, ça fait une sacrée différence entre les états.

Bon revenons à nos moutons : Washington est différente des autres villes que nous avons vues, moins grouillante, moins haute, plus large et plus aérée. L’essentiel se passe au sud de la ville dans un parc qui longe la Potomac River. Nous y trouvons : le capitole,

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la maison blanche,

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le mémorial à A. Lincoln, celui de Washington, de Jefferson, de Roosevelt, de Martin Luther King, de…, de …

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sans parler des mémoriaux pour les guerres : la WWII, le Vietnam, la guerre de Corée, et d’autres.

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Et que dire des musées sur les femmes pendant la civil war, les héros et héroïnes de guerre, l’art africain, l’art de natifs américains…

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Bref toute cette ville est un musée financé par le contribuable américain. On y expose aussi le Président et les ministres, députés, sénateurs et gouverneurs. Pas grand-chose d’autre à dire sur cette ville, nous retournons donc vite là où nous nous sentons le mieux : dans la nature. Objectif en vue : Les Appalaches. Ses forêts, ses rivières qui creusent des gorges, ses falaises équipées à l’européenne. Nous verrons bien.

F.