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La traversée du C 4 (-1).

Cet article ne relatera pas nos fastidieuses traversées des différentes frontières. Pour cela, un article différent et tout aussi fastidieux sera prochainement mis en ligne, afin de donner des infos utiles à d’autres voyageurs et ennuyer les lecteurs curieux de connaître à quoi ressemble l’administration de là-bas.

Le C4 est le nom que se donnent le Guatemala, El Salvador, le Honduras et le Nicaragua. Il nous reste donc trois de ces pays à traverser avant d’atteindre le Costa Rica. L’objectif est d’atteindre le Nicaragua, un pays tranquille, le même jour que celui où nous quittons le Guatemala. Deux raisons à cela : nous avons un temps de voyage limité et le Honduras et le Salvador sont les plus dangereux des pays qui ne sont pas en guerre. J’ai consulté le site du quai d’Orsay, je n’aurais pas dû. Après ça, je ne serai tranquille qu’une fois le Nicaragua atteint. Quand je vous disais que c’était difficile de rester hermétique à cette atmosphère anxiogène !

Mais bon, si l’on veut continuer, il faut en passer par là, pas le choix. Après renseignements, les bureaux de douane ouvrent à six heures. Nous y sommes donc à six heures. Nous en repartirons à midi… 6 heures plus tard. Faux départ donc. Nous roulons sur la Panaméricaine, traversons San Salvador, la capitale. Nous voyons là qu’il existe bien une classe aisée dans ces pays. L’énorme différence de niveau de vie entre les classes pourrait expliquer les tensions dans la population.

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Il y a des ordures partout dans la ville, mais aussi des fast food, des cinés, des gens en arme,  et des smartphones dans toutes les mains. (Toutes les stations services, les camions qui transportent  quelque valeur, sont escortés de personnel armé. Si on regarde ces 2 photos en details, surtout la deuxième, on est content de ne pas être dans  l’alignement du canon.)

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La globalisation qu’on vous dit. Heureusement qu’il y a les paysages qui changent, sinon nous croirions que nous sommes toujours dans le même pays. L’essentiel des troubles ici vienne d’une lutte entre deux gangs sur fond de traffic de drogue. La monnaie ici est officielement l’USD, c’est plus pratique pour recycler les narcos dollars. Il y a bien eu une trêve sur les deux dernières années, mais le conflit a repris de plus belle cette année. Cependant, le niveau de dangerosité n’atteint pas celui du Honduras. Traffic, attaques à main armée… 20 assassinats par jour et 50 % de la population touchée par la criminalité en quelques mois. Aucune valeur accordée à la vie, tout pour le fric. Nous ne camperons pas.

Heureusement, ils ont de jolis bus qui prêchent la bonne parole.

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Autre fait notable, ici la route sert à tout, le séchage, le battage (toujours au fléau )… Tout ça entre les bus et les camions lancés à toute vitesse!

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Seulement, étant donné le retard pris à la douane, nous ne parviendrons pas au Nicaragua ce jour-là. Nous passerons bien la frontière Salvador-Honduras, mais à 5h, soit à la tombée de la nuit ici. Et vu l’état des routes, nous n’allons pas risquer de massacrer la voiture.

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Nous roulons tant que c’est possible, et  nous arrêtons pour la nuit sur un parking de camions surveillé.

F.

Le lendemain se déroule sans beaucoup de plaisir, nos 4 yeux littéralement rivés sur le revêtement de la route, les narines baignées d’odeurs désagréables (charogne, élevages porcins ?). Les enfants semblent être en vacances (anticipées peut-être) et certains viennent boucher 1 ou 2 trous avec leur pelleté de terre histoire ensuite de quémander l’aumône aux véhicules qui passent au risque de se faire écraser. Nous ne cautionnerons pas cette logique. D’une part, c’est à l’Etat de rendre les routes meilleures, d’autre part les enfants doivent profiter de leur enfance pour s’instruire et jouer, non pour mendier. Pour ce qui est de ce pauvre Etat, je me demande cependant d’où il pourrait tirer l’argent nécessaire à de tels investissements : qui paye des impôts ici ? Les populations rurales d’Amérique Centrale n’ont même pas de compte en banque : tous les échanges monétaires se font en liquide. Nous profitons toujours des villes pour faire des retraits, car il ne faut pas non plus compter sur le paiement par carte en général. Je disais donc que tout se fait en liquide. D’ailleurs la banque est trop loin des gens qui voyagent  à  pied, à cheval, à vélo ou en taxi. Pour les services rendus, la dernière récolte, … rien ne vaut le billet de banque. Mais alors, comment sont prélevés les impôts ? L’essentiel se fait au noir, à moins d’avoir une grande entreprise, donc déclarée, ou de grandes terres agricoles. Pas d’impôts ? Pas de routes, pas de ramassage d’ordures, pas de service public en général. Je vois mal un petit fonctionnaire d’Etat, faire la tournée de tous les bouis-bouis et calculer la sombre part que devrait chaque vendeur de bananes ou d’iguanes du bord de la route ou chaque mécano (quand on parle de mécano, dans ces pays-là, deux murs et une tôle suffisent à faire office d’atelier spécialisé, soit dans les jantes et pneus, soit dans les rotules, soit les tuyaux d’échappement…). Exit donc le Honduras sans aucun regret. Ça me fait mal de dire ça, car je me dis que dans tout peuple il doit y avoir de la richesse, un intérêt humain, culturel,… Mais là, je n’ai même pas envie de faire l’effort, je suis fatiguée d’avance d’aller à la recherche de cet petit quelque chose. Nous ne sommes que de passage. La situation serait sans doute différente si nous étions ici pour un contrat d’un an. Mais là…

Nous voici donc au Nicaragua … C’est comme une libération. De grands volcans on fait leur apparition, déjà présents dès le Guatemala, faisant se craqueler les routes au Salvador,… Mais ici les paysages sont dégagés, la campagne est belle.

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Les paysans entretiennent des terrains bordés d’arbres, pâturage pour des élevages de bovins aux grandes cornes en forme de lyre, ils récoltent avec des moissonneuses (attention aux fils tout de même),  les arbres sont magnifiques,…

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La route est nettement meilleure et nous permet de profiter de la vue. Notre passage dans la ville coloniale de Leon, bien que bref, aura été bien sympa : on renoue avec le tourisme. Cela faisait, en effet, longtemps que nous n’avions pas vu l’effervescence si classique aux jolis coins. Parce que si le tourisme de masse ne nous agréé pas, il y a un lien de cause à effet entre un site et l’attraction qu’il exerce (ou pas) sur les voyageurs.

De Leon, nous revenons légèrement sur nos pas en allant faire un plongeon dans un Pacifique incroyablement tiède !

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La nuit, nous la passerons carrément sur le malecon (la jetée), trop ensablé pour servir de route ; on pourrait presque dire sur la plage. Très bon arrêt, donc, à Poneloya (Las Penitas)  . Le lendemain, baignade à 7h30, avant les terribles chaleurs qui nous tombent dessus dès 8h30 !

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Seul incident : Fredo, qui avait laissé ses sandales sous la voiture, ne les retrouve plus au réveil. Elles doivent sans doute servir à quelqu’un d’autre maintenant. Après ce réveil revigorant,  nous voici à traverser le pays sur un genre de transamazonienne en travaux.

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C’est une bonne route cependant qui nous accompagne donc jusqu’à la frontière Costaricienne. Après une plaine de jungle, nous atteignons des sommets venteux après Managua et nos premières éoliennes latines.

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Nous voyons des ponts financés par le Japon qui participe au développement du Nicaragua. La population y est également pauvre: nous voyons notre première maison «bidonville» mais toute en emballage plastique, genre sac poubelle grand format. Et malgré cela, nous n’aurons pas été assaillis comme ailleurs, par des gens qui veulent nous mettre le grappin dessus pour toute sortes de raisons. Ici, c’est aussi l’apparition de cavaliers type «gauchos», guidant les troupeaux de vaches. Nous aurons également vu de nombreux couples à bicyclette, l’homme conduisant, la femme assise en amazone sur le cadre. Tres romantique!

Nous passerons la frontière en fin d’aprem’. Enfin!

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Ça y est, nous allons de nouveau pouvoir nous poser. Un passage long et pénible à ne pas recommander. Nous n’aurons pas eu de grosses frayeures, c’est là l’essentiel. Juste quelques regrets de ne pas avoir pu passer plus de temps au Nicaragua.

Et maintenant place à la Pura Vida!

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H.

Guatemala

Guatemala.

Pour notre grand malheur, notre passage au Guatemala sera bien trop court, mais nous n’avons qu’un mois à consacrer à l’Amérique centrale. Aussi avons-nous dû faire des choix : ce sera une semaine pour ce pays et nous ne visiterons que ce qu’il y a autour de la route la plus directe vers le Sud.

Une chance pour nous tout de même, le site de Tikal est sur notre route. Ouf ! Mais avant il a fallu passer la frontière, embarquer Kent Lindell, un « vagabond » suédois comme il se qualifie lui-même.

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Nous aurons de longs échanges avec lui trois jours durant, sur tout, rien, et surtout sur les voyages. Son objectif est d’écrire des livres pleins d’anecdotes, de pensées et de bons plans quand-même : un genre de guide touristique mais pas que, la partie guide étant réduite à la portion congrue. Du coup, il note beaucoup de chose et enregistre ce qu’il ne peut noter. Il a déjà publié un livre sur l’Australie. Il est allé partout depuis, et quand il manque d’argent il revient chez lui amasser, en travaillant, de quoi repartir. En ce moment, il est contrôleur de train. Il conçoit le voyage plus d’un point de vue humain, il adore qu’il y ait plein de monde sur ses photos, voir et croiser des gens… tout le contraire de moi. Je préfère les grands espaces naturels et vierges, autant que faire se peut, de l’influence des hommes.

Bon, c’est pas l’tout, mais il y a Tikal sur le feu ! Nous sommes dans l’état du Peten, du nom du lac au bord duquel nous passerons nos deux premières nuits guatémaltèques. Le lac Peten Itza, la Casa de Don Ernesto, de beaux couchers de soleil, de bonnes baignades, des bières… que demander de plus ?

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Tikal est LA cité maya précolombienne. Son histoire débute en 800 AC et se terminera en 900 DC. Son nom signifie en maya : au milieu de l’eau (Ti ak’al). Maintenant elle est aussi désignée comme le « Lugar de las voces de los espiritus ». Elle se situe dans un parc national, donc notre premier contact est un animal qui faisait du stop. Nous ne l’avons pas prise, Bob ne digère pas bien les chouettes.

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Cette cité est majestueuse, grandiose, dans un magnifique écrin de jungle. Je manque de superlatifs. Nous nous croyions blasés, après tout en un mois nous aurons eu notre dose de sites archéologiques. Eh bien non. Nous voilà face à une architecture différente et face à des monuments construits par des personnes qui devaient avoir la folie des grandeurs. Il fallait au moins ça pour concurrencer les arbres de cette jungle. Cela dit, le parc est difficile à décrire tant ils ont manqué d’imagination quant au nom des constructions lors de la redécouverte : temples de I à VI, Acropolis (quartiers d’habitations et administratifs) central, nord, sud, et les complejos ou zona de N à R. De toute façon, pour vraiment apprécier le lieu, il faut s’imprégner de son ambiance, autrement dit y venir.

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De petites rencontres pendant la visite, des plumes et quelques poils mais pas de toucans ni de jaguar. Pour la prochaine fois.

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Après le kangourou australien et le kiwi neozed:

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Nous y aurons passé la journée (presque, l’ouverture est très matinale à 4h le matin), nous aurons ainsi vu le site vide de touristes le matin et en fin d’après-midi. Une journée très sympa dans un endroit qui a tout pour plaire, mais auquel il manquait quand même un tout petit quelque chose pour remplacer Palenque dans notre cœur. Dans le mien du moins.

Flores : C’est une ville-île sur le lac, ce fut le dernier bastion des mayas face aux conquistadors. Maintenant, c’est une petite ville très touristique façon backpackers (routards). L’ambiance y est très sympa, les cocktails pas chers, dixit Kent, et les glaces au citron atomique très appréciées.

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Nous y croisons un perroquet qui dit aux passants qu’ils sont des anes, et qui se marre ensuite.

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De fortes pluies ont fait monter le niveau de l’eau du lac, ce qui rend les déplacements acrobatiques parfois.

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C’est le cadre qui nous verra dire au revoir à Kent, il va, lui, vers le sud-ouest (ciudad de Gatemala) et nous, vers le sud-est (Rio Dulce). Hasta luego vagabundo, et profite bien de la fin de ton périple !

Le castillo San Felipe. Il se trouve sur le rio Dulce, un rio qui relie la mer au lago de Izabal. Il fut construit à partir de 1595 pour contrer les pirates. Il subit de nombreuses attaques, changements de mains, et remaniements pour atteindre sa forme actuelle en 1688. C’est sympa, un bon vieux château fort sur le continent américain.

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Il est situé dans un parc. Pour l’atteindre, il nous faut traverser un cimetière pas tout à fait comme ceux de par chez nous.

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C’est aussi l’occasion de nous baigner dans les eaux douces du rio.

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Helena discute avec de jeunes enfants qui lui affirment que le pays est dangereux, qu’il y a des morts, qu’ils ne sortent pas la nuit. A l’opposé de ce que nous ressentons pour le moment. Là aussi il semblerait qu’ils aiment se faire peur. J’imagine que les séries et les émissions policières chocs participent grandement à cette psychose collective. Le problème c’est que c’est dur de rester hermétique à cette menace de « danger ». J’avais, en arrivant, une image négative du niveau de sécurité dans le pays. Tout le contredit sauf les habitants eux-mêmes qui se barricadent et se méfient les uns des autres. C’est assez étrange.

En tous cas, nous roulons dans la soirée vers Rio Hondo, lieu de nos délires du lendemain.

Chose promise chose due, depuis le temps que les enfants nous le réclamaient, enfin nous y allons : un parc aquatique, Valle Dorado. Nous avons attendu un pays où notre pouvoir d’achat pourrait nous le permettre. Et une journée à barbotter, une ! C’était super.

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Juste une inquiétude, l’allergie d’Arthur. Elle gagne sur son corps, elle a atteint le cou et le visage. Les antihistaminiques seuls ne sont pas suffisants. Nous décidons donc d’aller consulter un médecin à Zacapa. Il nous rassure de suite, ce n’est pas la dengue ou le chikungunya (un truc du style). Par contre, il ne rassure pas Arthur en sortant la seringue de corticoïdes, direction la fesse droite. Aïe ! Comme si nous n’avions pas eu assez de piqures lors des vaccins. En tous cas, à partir de là, avec une crème et des antihistaminiques, tout ira mieux. C’était bien une réaction allergique, peut-être au chechem, ou à tout autre chose (dernière lessive ?). A partir de là Arthur n’aura plus le droit de se traîner partout comme il sait si bien le faire.

Le lendemain, nous roulons vers la frontière pour la grande traversée. Les paysages sont magnifiques, les volcans ont fait leur apparition. Nous arrivons à San Cristobal, ville frontière, pour une dernière nuit au Guatemala.

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C’est déjà fini, dommage, je m’y plaisait bien dans ce pays. Les gens y paraissent heureux (de jour) et il a tellement d’autres richesses à dévoiler. Il nous faudra donc y revenir.

F.

Bélize, vite fait.

Belize.

Tout petit pays, petit article. Le Belize se traverse en quelques heures, il fait en gros 300 km du Nord au Sud pour 100 ksm de large. Il est coincé entre le Guatemala et le Mexique d’un côté et la mer des Caraïbes de l’autre. C’est de cette dernière qu’il subit la plus forte influence, plus de « fier d’être Maya ! », ici c’est plutôt : « Yeah man, tu veux de mon toucan sculpté, emblème du pays ? Non ? De la drogue peut-être alors ? Non plus ? Bon ben salut man. » C’est -à peine arrangé- le premier échange que j’ai eu avec un bélizien, dreads et tout, à Corrozal. C’est là que l’on passe la nuit près de l’église et du playground (qui ne désemplira pas jusque tard le soir -autre changement vis-à-vis du Mexique).

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Ce pays est une mozaïque ethnique, et linguistique. Des mayas (quand même ! Mais au sud du pays surtout), des descendants d’esclaves, des anglais, des descendants de pirates, des allemands (les Ménonites, genre d’Amishs qui ont terminé leur exode ici),  des métisses et autres. La langue officielle est l’anglais, et le pays est indépendant depuis 1981 (c’est tout neuf), l’état d’esprit est caribéen. Coool man. D’ailleurs la douane a été une simple formalité : les papiers, très rapides ; la visite du camper… n’a pas eu lieu. Quand j’ai ouvert la porte, le douanier est resté perplexe devant la hauteur de la marche et, j’imagine, l’effort à fournir pour la franchir. Il a donc décidé d’un coup d’œil que tout était en règle.

Pour certaine choses, le développement du pays s’est stoppé net en 81 : l’état des maisons, des routes, les bus.

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Mais pour d’autres choses c’est un pays en avance : gestion des ressources naturelles, protection de la nature. C’est une destination prisée surtout pour la plongée autour de ses nombreuses îles.

Premier arrêt, après une demi-heure de chemin posé entre lagune et marécage : Crooked Tree. C’est une île /village/ et réserve sanctuaire pour les oiseaux. Nous n’y sommes pas à la bonne époque, cependant ceux que nous croiserons seront bien suffisants. Mais d’abord nous nous installons pour passer la nuit, sur le pré « près de l’église, sous la protection du seigneur ». Car comme nous l’a dit le park ranger «  ce n’est pas que c’est dangereux ici, mais…Non, c’est une communauté très tranquille »… Comme pour s’en persuader lui-même. Bref, nous ne ressentirons aucune animosité, ni même tension pendant le séjour. Je crois qu’ils aiment bien se faire peur parfois.

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Bon les oiseaux, les vrais : la mascotte du coin est une drôle de cigogne géante autour des 1.5m quand elle est debout.

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Puis viennent les couleurs : du jaune, du rouge, du blanc, du noir et d’autres. Dans le lot il y  a du héron, de l’aigrette, du cardinal, du martinet et d’autres, non connus de nous.

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La balade est vraiment bien faite, elle va de point d’eau en point d’eau à travers ce village de cultivateurs de noix de cajou. Devant certain point d’eau, ils ont installé de quoi observer la nature avec confort.

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Mais il n’y en a pas que pour les volatiles : nous croiserons aussi des tortues, des basilics ( Jésus Christ lizard), ces lézards capables de courir sur l’eau, et une énorme fourmilière avec des autoroutes pour s’y rendre, très encombrées par les récoltes de feuilles. En observant, nous voyons des fourmis de différentes tailles, les plus grosses portent les feuilles et les plus petites sont sur les feuilles, vigilantes, elles préviennent les autres en cas d’attaque de prédateur (merci Vincent & Lucie pour l’explication).

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Nous voilà déjà repartis, nous croiserons sur la route un tout petit parc : le Monkey Bay Wildlife sanctuary. Justin (le lire à l’anglaise, ça le fait plus) nous servira de guide.

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Pour ce qui est de la wildlife ici, elle sera plutôt végétale ; même s’il y a quelques traces de tapir et de jaguar, ils se feront discrets.

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La végétation est étagée à la manière d’un versant de montagne, mais de façon parallèle à la rivière. Nous partons d’un bush sec avec des pins

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et nous finissons dans une forêt humide façon jungle. Nous croiserons de nombreuses fleurs, champignons,

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et essences d’arbres. Dont celui qui semble avoir provoqué la réaction allergique d’Arthur : le chechem en maya, black poison wood ici. C’est à cause de lui qui la visite est forcément guidée, il y en a partout dans l’un des étagements de végétation. Arthur se voit obligé de ne rien toucher, c’est dur.

L’ochidée banane.

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Le cactus grimpant

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Le « Bastard tree », nom issu du juron des militaires anglais tombés malencontreusement contre son tronc. C’est un palmier.

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Le mimosa sensitif : tu le touches, il se referme. C’est trop bien ! Nous avons passé le reste de la balade à les déclencher.

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En passant, nous goûterons de la termite fraîche et vivante ayant un fort goût de carotte, très bon si l’on meurt de faim dans le coin.

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Une visite très enrichissante qui se termine déjà.

Il ne nous reste plus qu’à rouler vers la frontière. Au revoir Belize, bonjour Guatemala.

F.