Archives pour la catégorie 12-Asie

Chiang Mai, Nord de la Thaïlande.

Une nuit dans le train couchette (une première pour les enfants),

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…nous arrache enfin de la touffeur de Bangkok. Quel climat! Un taux d’humidité proche des 100% et des températures qui vont de 36 à 39° le jour et qui ne descendent pas sous les 29° la nuit! C’est de loin le pays où nous aurons eu le plus de difficulté à nous adapter. Oubliée l’écologie, nous recherchons les clim, ne serait-ce que pour baisser la température de 2 °, soit 27° dans la chambre pour dormir. C’est donc tout naturellement que nous avons choisi des voitures climatisées dans le train.

Les 14h de trajet pour environ 700km (une moyenne honorable de 50 km/h!) se déroulent sans accroc et nous débarquons donc sur les quais de Chiang Mai.

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Nous sommes en quelque sorte dans la capitale du Nord ; il y a bien Chiang Rai un peu plus au Nord, mais c’est une ville plus petite. Chiang Mai est « dans les montagnes », entourée de nature et de ce qui va avec: la faune, les trecks, les tribus (Karen par exemple), et bien sûr tout un tas de temples.

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Notre motivation pour venir ici est l’animal symbole du pays: l’éléphant.

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Donc, suite à notre installation dans un hôtel plus classe que d’habitude (mais pas plus cher, attention quand même!), nous nous renseignons sur les tours proposés.

 

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A l’origine nous voulions quelque chose « d’écofriendly », mais comme d’habitude, ça se paye, et cher. Cela triple le budget de la sortie rien que pour aller voir des éléphants dans une sorte de maison de retraite. Nous nous rabattons donc sur un tour classique avec visite de ferme aux orchidées, balade en éléphant , petite cascade et rafting.

Beaucoup de choses programmées donc, hélas, peu de temps pour chacune d’elle. La première étape, la ferme aux orchidées, nous permet d’admirer de nombreux exemplaires de cette belle fleur si chère à Jean Marie Pelt. Mais aussi d’énormes et jolis papillons.

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Puis, après un petit transfert en voiture, nous arrivons dans le camp aux éléphants. C’est aussi un camp de réfugiés birmans de la tribu des femmes girafes ou « long neck ». Étonnamment, nous ressentons moins de gène ici qu’il y a 15 ans, quand nous étions montés dans les montagnes, faire du voyeurisme chez les Karens. Les réfugiés communiquent en anglais avec nous, tiennent un commerce et semblent assez sereins. A l’inverse des Karens d’il y a 15 ans, qui nous accueillaient assez froidement, et cela se comprend parfaitement.

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C’est ici, donc, que nous avons rendez-vous avec les pachydermes. Là aussi les choses ont bien changé en 15 ans, les cornacs semblent beaucoup plus soucieux du bien-être de leurs animaux, la balade est beaucoup plus courte, à cru, et l’essentiel du temps est consacré au bain des animaux. Un très bon moment donc, et les enfants ont même eu le droit de se faire porter par la trompe!

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La suite du programme est un tout petit treck qui a pour objectif une petite chute/toboggan et la baignade qui va avec.

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Un tout petit tour anecdotique sur des raftings, traditionnels et en bambous, et c’est le retour sur Chiang Mai. Nous avons partagé ces moments avec deux texans, une anglaise, et deux allemands grimpeurs, très sympas.

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Chiang Mai fut une cité fortifiée dont il ne reste que quelques morceaux de la muraille, mais qui possède toujours des douves.

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Comme toutes les villes de Thaïlande, elle est pleine de temples…

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…de touristes et de night markets. C’est dans ce dernier que nous allons nous restaurer.

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Non loin de la ville, sur une colline à l’Ouest (le Doi Suthep), se trouve le Wat Phrathat. Nous louons des scooters afin de nous y rendre. C’est un très joli petit temple avec une très belle vue sur la ville, et dont les couleurs contrastent très bien avec le ciel chargé ce jour-là.

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L’ambiance est un mélange de ferveur et de tourisme. Pour accéder au temple, il faut emprunter un escalier monumental, avec une magnifique main courante formée par le corps d’un grand dragon. En bas se trouve la tête du dragon. Cela fait penser au serpent à plume d’El Castillo de Chichen Itza. Le seul petit problème est que l’endroit est noir de monde, il est donc difficile de rendre compte de la beauté de cet escalier par les photos.

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Le temps de rendre les scooters, de récupérer les habits au laundry et nous embarquons dans le bus direction Sukhothai. Une des villes, ancienne capitale, du royaume de Siam.

Ces trois jours furent très sympathiques, et nous ont montré que le tourisme n’entraîne pas que des choses négatives. Les thaïlandais se sont, je pense, ouverts aux préoccupations environnementales au contact des touristes. Nous avons ainsi pu observer en quinze ans une nette amélioration dans le traitement des éléphants, par exemple. Mais il y a le gros revers de médaille, et la petite ville de province pleine d’artisans est devenue une grosse ville (environ 1 million d’hab) consacrée au commerce, et où le tourisme s’est très industrialisé.

Ci après du vrac de Chiang Mai, le tuk-tuk,

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le ficus en train d’étouffer son arbre hôte, IMG_1997

le drôle de chien triste,IMG_1999 IMG_1968

les petites danseuses du Wat Phrathat,IMG_1962 la cantine, devant l’écoleIMG_1672

et les fleurs de la rue.IMG_1714 IMG_1715

Prochaine étape, Sukhothai.

F.

Thaïlande: Bangkok

On arrive à Bangkok comme dans une fourmilière : beaucoup de fourmis, beaucoup de galeries, les panneaux indicateurs sont en alphabet termite (le thaï, c’est un grand plat de nouilles, les mots pouvant être tous collés), de la nourriture préparée à chaque coin de maison, fraîchement transportée -en sorte de charette. La ville n’a pas de début, pas de fin pour le voyageur. On y rentre et on en sort de nuit la plupart du temps, mais même de jour, la mégalopole s’étire sans démarcation vers les agglomérations voisines.

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IMG_1672IMG_1652Les travaux d’expension ont repris depuis notre précédente visite, il y a quatorze ans : la capitale voit en grand en ce qui concerne le réseau de communication routier ou de transport public.IMG_2506

Les ouvriers qui sont sur les chantiers ont installé leur hamac pour la pause (et/ou la nuit?).

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Mais c’est bien le seul impact visible des pouvoirs publics. Ici, quand on se balade dans les rues, on traverse des quartiers où les habitants sont livrés à eux-mêmes.  Je ne dis pas cela dans la négative. L’Etat ne s’immisce pas dans les affaires individuelles. C’est donc le bon sens commun qui régule ce qui doit être et ce qui ne le doit pas. Ainsi, on peut trouver des voitures bricolées qui rendent la vie économique et pratique pour tout le monde: on découpe toute la tôle à l’arrière du véhicule,  on aménage une structure en bois -adaptable à souhait-, deux bâches pour les cas de pluie -ici on ne risque pas d’avoir froid-, des bancs et voilà un bus qui peut transporter entre huit et trente personnes (tout dépend de la taille du véhicule au départ). Un investissement minimum d’où des voyages pas chers pour un revenu intéressant pour le propriétaire… tout le monde est content. A ceci près qu’il ne faut pas avoir d’accident! Si l’Etat s’ingérait dans ce domaine, tout le monde serait perdant, à moins de mettre en place un système de métro efficace (ce qui est le cas, mais seulement pour les longs trajets nord-sud, est-ouest). Cela dit, les routes thaïlandaises sont de bonne qualité et larges… mais ce n’est pas forcément bien. Du coup, les thaïs roulent très  très vite et comptabilisent des records d’accidents.
Mais ce n’était là qu’un exemple. Les politiciens laissent chacun faire son commerce librement. On peut donc manger dans la rue les plats typiques pour un dixième du prix d’un restaurant. Les petits étals arrivent toujours à la même heure selon leur habitude, déplient tables et tabourets, ouvrent leur charrette et commencent à cuisiner. Pas de contrôle d’hygiène. On peut froncer le nez devant un cheveu dans la soupe, ou un moustique coincé dans le pad thai. C’est sûr, il ne faut pas être tatillon. Il ne faut pas non plus faire une fixette sur les particules noires des pots d’échappement qui s’accumulent sur les bâches, les toiles d’araignée.

-La cuisson du riz chez les thaïs , un pad thai en omelette…-

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Mais peu de risque de tomber malade. Les produits sont frais. Sans cela, la clientèle fuirait. Et chaque buibui est en concurrence avec une dizaine de ses semblables. Oh et puis mince! C’est l’aventure! Si nous ne sommes pas capables de nous adapter à ce genre de situation (au final très agréable pour le palais), quand serons-nous prêts pour tester du scorpion ou du serpent ? (snif, on n’a pas trouvé de ce dernier! Mais le précédent, grillé embroché, avait un très bon goût de chips « barbecue »)

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IMG_3019IMG_1423En bref, on a mangé au « resto » tous les jours, ce qui, pour ma part, m’arrive une à deux fois par an en France. Et ici, les cuistots cuisinent sous vos yeux. On voit que l’hygiène est passée dans les habitudes: utilisation de gants ou de pinces pour manipuler la nourriture, de sachets plastiques -hélas!- également. D’après mes observations, je pense aussi que 99% de l’eau utilisée pour les boissons est purifiée (bien qu’il soit toujours conseillé dans les guides touristiques de se méfier des glaçons et des jus coupés). Des pratiques qui se sont généralisées en Amérique latine également. Des distributeurs d’eau potables sont même à disposition dans les quartiers populaires.

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Bon, mais Bangkok, c’est aussi la Chao Praya River et ses khlongs qui se déroulent  en lacets au milieu de la ville, ses maisons brinquebalantes sur pilotis rongés d’humidité, les énormes varans glissant dans l’eau grasse.IMG_1409IMG_1515IMG_1506IMG_1510IMG_1598IMG_1610IMG_1631IMG_1614IMG_1639IMG_1649IMG_1640IMG_1601

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Bangkok, c’est aussi une flopée de temples et palais brillants de couleurs et de mosaïques de miroirs. Je les préfère en noir et blanc, habituée que je suis à l’histoire écrite en vieilles pierres. Mais les thaïs aiment le cliquant, un peu kitch, des frontons, des toits, des chédis. La couleur privilégiée pour les Bouddhas , Bouddhas petits, Bouddhas géants, reste l’or – déposé parfois par les fidèles sous forme de feuilles d’or ultra fines-… et le safran des tissus qui les couvrent.IMG_3016IMG_3009IMG_1669IMG_1578IMG_1570IMG_1572IMG_1575IMG_1548IMG_1543IMG_1532IMG_1531IMG_1530IMG_1528

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Et c’est ainsi que nous avons abordé la Thaïlande et sa touffeur incroyable. Nous sommes restés quelques jours sur Bangkok le temps d’être sûr qu’Arthur se remette de sa dengue.  Ce doit être bizarre d’avoir de la fièvre dans 39°C à l’ombre! Heureusement cela n’a pas duré et nous avons pu arpenter la ville, son quartier chinois, ses marchés… dans divers moyens de transport: taxi, tuk-tuk, métro aérien, train, taxiboat. IMG_1420

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Nous avons pu également prendre la mesure de l’adoration que les thaïlandais vouaient à leur roi Rama IX (Bhumibol) omniprésent, avant de quitter la capitale pour un peu de verdure du côté de Chiang Mai.

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Attention à la date du billet de train! Nous sommes en 2558 ici!

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H.

Denpasar – Bangkok via Singapour

Une page se tourne et notre route nous ramène de plein fouet à la civilisation « moderne » au sens technique. Depuis notre avion nocturne qui nous mène à Singapour nous voyons déjà les premiers contrastes: d’une île à l’éclairage parsemé et faiblichon le long des petites routes de Bali, souvent pris en charge par les habitants qui laissent l’ampoule de la façade allumée toute la nuit, nous passons à une autre île où les zones d’ombres sont rares, même en mer où les pêcheurs braquent leurs projecteurs sur les flots, où les raffineries de la côtes brillent de mille feux à l’instar de nos usines classées Seveso. Singapour nous tend les bras de ses artères larges et chics.

Arrivés à la petite auberge de jeunesse, nous nous écroulons. Il est deux heures du matin. Le lendemain, notre prochain avion nous attend en fin d’après-midi pour Bangkok. Nous avons inscrit cette escale, à première vue inutile, dans notre parcours (nous n’aurons pas vraiment le temps de visiter ce dragon) à cause d’une fastidieuse histoire de visa. L’Indonésie sanctionne cher chaque jour dépassant le visa de trente jours. Le nôtre, renouvelé une fois (soit un total de 60 jours -35 dollars x 2 x quatre personnes), se terminait là et chaque journée supplémentaire aurait coûté 20 dollars par personne. De l’autre côté, en Thaïlande, notre visa se limitait lui aussi à 30 jours. Grâce à cette journée entre les deux pays, nous arrivons à passer dans les clous.

Il était donc temps de larguer les amarres, ne sachant pas bien à quelle sauce on serait mangé à Singapour. Et là, nous avons été assez agréablement surpris. Le logement et le taxi ne sont pas très bon marché comparé à nos standards précédents, c’est sûr, mais on mange très très bien pour six euros par personnes dans des restaurants où les commandes se font sur l’I-Pad fixé à chaque table! Quel contraste pour nous! un autre monde! Cela dit, nous aurions pu manger pour moins que ça à quelques pas de là, avec moins de chichis!

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La traversée de quelques quartiers via le métro ultra clean nous dévoile des immeubles modernes, des routes et des véhicules à l’occidentale. Arthur est dans un état second à cause de sa fièvre, mais il suit et nous aide aussi à porter quelques petits bagages. A l’aéroport, de drôles d’indications aux toilettes indiquent aux voyageurs de Malaisie, d’Indonésie et d’ailleurs comment les utiliser.

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Nous arrivons à Bangkok qui nous ramène à une réalité plus asiatique que la parenthèse singapourienne. Bouffée de chaleur en plein visage, tentative d’arnaque dès le débarquement, train et métro jusqu’à un hôtel réservé à l’avance mais où on ne restera pas longtemps, préférant le Ton Aor Place, bien plus accueillant pour moins cher. C’est à partir de là que débutera notre découverte de la capitale thaïlandaise.

Nous ne regrettons pas ce passage express par Singapour: curiosité assouvie. Un vieux quartier qui nous échappe hélas, mais une vue d’ensemble qui nous rappelle un peu -trop, à mon goût- les villes américaines. Je suis donc contente d’avoir vu ce qu’il en était sans y avoir consacré trop de temps.

Retour, maintenant, à l’exotisme.

H.