D’Ouest en Est

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Après les Black Hills et leurs présidents immortalisés dans la pierre, la traversée du Sud Dakota s’annonce plus monotone que tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Les grandes plaines s’étendent à perte de vue.

28-08-14 le début des plaines Rapid City (2)

Cependant, si les routes sont ultra rectilignes, le terrain est quand même un peu vallonné, ensemencé de maïs, tournesols … ou utilisé comme pâturage. On voit très régulièrement des petites cabanes, des tuyaux arrimés au sol : on a pensé à l’exploitation de gaz de schiste, car on n’a jamais vu ce genre d’équipement avant. Sur le trajet, le parc national des Bad Lands nous fait de l’œil, mais on résiste à la tentation de faire le détour. On a rendez-vous à Toronto.

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Ce n’est pas tout, maintenant qu’on a traversé ces sacrées plaines marquées par de sacrés orages que l’on pouvait voir venir de loin, cette ligne droite de 2 jours,  il faut passer aux découvertes plus concrètes de l’Est américain.

L’ensemble de la région qui nous accueille est verte, soignée comme en Californie : lotissements aux jardins bien entretenus, façades proprettes dans la plupart des quartiers. La nuit, des lucioles illuminent le bord des champs. De grandes granges avec leur silo, comme celle qu’on voit dans les films (perso, je pense à Smallville), ponctuent le paysage rural.

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D’abord, nous faisons un stop sur le bord du Mississippi, à La Crosse. Bon… vu la quantité de moustiques, on ne s’éternise pas. On trouve quand même un peu de matériel de pêche abandonné par des pêcheurs trop pressés pour démêler leur mouche, leur ligne,… On a donc maintenant un bouchon, des hameçons, du fil,… Peut-être cela pourra-il nous être utile un jour?

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Ensuite, notre arrivée au bord des grands lacs. Je dois dire que le mot ‘lac’ n’a pas été très souvent employé ! Le mot que notre subconscient nous fournissait le plus naturellement était « mer ». La mer qui s’étend à perte de vue. Une mer aussi calme que la Baltique près de l’estuaire de la Vistule. Oui, parce que la Baltique que je connais a peu de vagues et doit être plus douce à cet endroit-là puisque des cygnes s’y baignent. Et là aussi, une étendue d’eau dont on ne voit pas la fin laisse filer à sa surface quelques cygnes trompettes. On doit imaginer, qu’en dépit du fait que nous nous approchions du Canada, la chaleur ambiante, sans doute plus humide qu’à notre accoutumé, nous invite à chercher la baignade. Le lac Michigan est là qui nous nargue, sur la carte, puis là, de l’autre côté du pare-brise. On arrivera un jour plus tard à Chicago, ce n’est pas grave. De toute façon, Caroline, à Toronto,  sera davantage disponible après l’examen de citoyenneté canadienne de mercredi. On n’est pas pressés. Direction, le parc naturel de Zion. Pas le même que Zion NP dans l’Utah ! Il faut croire que les premiers pionniers étaient inspirés par ce nom biblique. On sort donc nos serviettes, nos maillots de bain, et dirigeons nos corps tout moites vers la fraîcheur. On peut dire que, la fraîcheur, on l’a trouvée ! On ne s’est jamais baignés dans une eau aussi glaciale. Tout le monde a fait l’effort de prendre le bain -tout à coup moins désiré-, mais religieusement, comme une plongée dans le Gange, comme une faveur qui nous ait été faite d’accéder à cet immense réservoir d’eau douce.

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Pour tout dire, il semblerait, qu’à l’image du Gange, l’eau de certains des grands lacs soit quelque peu maltraitée par les grandes concentrations urbaines ! Le lac Ontario, bordé par Hamilton, Mississauga et Toronto, nous a fait une trop mauvaise impression quand nous avons souhaité nous y baigner. Nous avons dû nous rabattre sur une piscine !

Que d’eau ! Que d’eau ! Ce pourraient être les mots des premiers colons arrivés sur ces terres ! Des lacs, des rivières, des lacs,… Et qu’ont-ils pu dire en approchant les chutes du Niagara ? Ils ont dû entendre leur rugissement à des lieux de là ! Comme un mauvais pressentiment, ce son a dû faire naître des images de bout du monde, de tremblement de terre. Et en arrivant au bord du monstre, ils ont sûrement écarquillé les yeux comme nous l’avons fait : l’incroyable quantité d’eau du lac Erié  (qui se vide par la large rivière Niagara) disparait en continu, se jette à 60 km/h dans une gueule ouverte 50 mètres plus bas. C’est ce phénomène d’engloutissement, cette soudaine rupture, qui, moi, m’a choquée. Puissance, désolation, infini… J’ai mentalement revu les images moyenâgeuses de Terre plate entourée d’eau qui s’écoule à la fin du monde.

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Certes, ces chutes, n’avaient pas la même forme au XVIII° siècle que le fer à cheval qu’on peut contempler aujourd’hui. L’érosion est énorme. Mais la force brute qui s’en dégageait devait en être plus grande. De plus, à l’époque, c’était là le désert. Pas celui de E. Abbey ! Mais celui de J. Fenimore Cooper. Le désert humain, la forêt vierge. Pas d’immeubles, pas de casinos, pas de touristes.

Nous aurions pu nous contenter de voir ces chutes depuis en haut. Mais comme on nous proposait de les voir par derrière et par en bas, et comme l’homme n’est jamais satisfait, on se laisse tenter par le Journey behind the falls. Equipés d’imperméables jaunes distribués à l’entrée, nous descendons en ascenseur jusqu’au balcon qui dessert un tunnel qui lui-même donne accès à deux fenêtres s’ouvrant sur la chute. L’écume et les embruns projetés sont à la hauteur du bruit de la cascade.

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Et puis, comme cela nous est proposé, nous attendons la tombée de la nuit pour voir le mur d’eau coloré par de grands projecteurs. A vous de juger : quelle est votre préférée ?

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Ainsi, de retour à notre camper, nous optons pour dormir sur place, à quelques mètres des chutes ! Leur ronflement nous change de celui des camions sur les aires de repos qui nous ont hébergés ces derniers temps ! On regarde le début de Danse avec les loups, un film sur les indiens du Dakota. Ce n’est pas tout à fait local, mais ça reste dans la thématique que l’on suit en parallèle dans la lecture du Dernier des Mohicans.

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* Chicago \/S Toronto, ou l’avantage d’avoir un guide

Chicago étant sur notre route, nous nous proposons d’en faire une visite rapide sur une journée. Garés près du parc Lincoln en bordure du lac Michigan, nous partons vers le centre de la ville et vers le zoo qui se situe dans le même parc. On passe devant une plage pour chien ( !?), un golf, devant une marina avec de drôle de panneaux.

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Quand le lac gèle, des « bateaux » continuent de circuler : ce sont des sortes de barques  à voiles et à « patins ». Pas étonnant, alors, qu’il soit déconseillé de faire du patin à glace dans la marina !

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On traverse une zone « sauvage », où la ville a laissé la nature faire sa place. On voit donc de jolies fleurs, des papillons, des cigales,…

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On marche et on marche et le zoo ne se profile toujours pas sur notre horizon. De nombreux coureurs nous croisent : ils doivent s’entrainer pour le marathon.

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Au bout de 2h30 de marche, on apprend qu’il faut encore compter 3 à 5 km avant d’atteindre le zoo. On n’est pas arrivés ! Et puis, quand bien même nous arriverions à le joindre, on n’aurait guère le temps de le visiter et rentrer avant la fin du paiement du parking. Nous déclarons forfait et faisons une visite en voiture des quartiers proches du bord du lac.

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Pour ce qui est de Toronto, nous découvrons avec plaisir une piscine dans le quartier de Caroline, nous profitons de la vue sur la ville depuis son balcon et sur la CN Tower et sur la foudre qui y tombe vendredi soir. On entend battre le cœur de la ville, ses sirènes, ses tramways,…

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Caroline nous emmène dans les quartiers typiques : Cabbage Town et son festival de rue, la distillerie, St Lawrence Market et la première poste de la ville (alors York), Allan’s Garden et ses plantes exotiques, l’université, des rues de toutes les couleurs (de peau, sociales et historiques) !

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Le barbecue, même en ville, est inévitable. On goûte à tout un chapelet de saucisses différentes ! Mais dont le choix fut difficile. Les aubergines sont succulentes. Le tout sur le jardin suspendu devant les fenêtres de l’appart’.

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Caroline, en plus de son accueil chaleureux et la mise à disposition des tous les services, nous donne des cours de tricot (et de maths) et nous fait goûter de super cookies !

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Moments super cool.

On profite de ce pied à terre pour rencontrer Lech Rozanski et sa famille. Cela fera l’objet d’un article ultérieur.

H.

Une réflexion au sujet de « D’Ouest en Est »

  1. nen

    salut la troupe,
    le périple d’est en ouest a été assez rapide car je dois bien dire que je ne m’attendais pas à vous voir arriver de si tot du coté du canada
    mais, j’imagine que les plaines n’offraient pas les mêmes possibilités de distraction que les NP dans l’Est.
    Bien content de voir que Caro se porte bien et que vous avez passé un bon moment avec elle
    Continuez votre route, on vous suit à la trace
    Nen

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