Extraits de Désert solitaire

Quelques citations de Désert solitaire d’Edward Abbey apparaissent dans ce blog. En fait, Edward A. nous a accompagné tout au long de nos visites des parcs nationaux de l’ouest américain. J’ai bien aimé son livre et vous laisse pèle-mèle d’autres extraits dont j’ai corné les pages, pour ceux que ça intéresse.

« Je ne suis pas ici seulement pour échapper un temps au tumulte, à la crasse et au chaos de la machine culturelle, mais aussi pour me confronter de manière aussi immédiate et directe que possible au noyau nu de l’existence, à l’élémentaire et au fondamental, au socle de pierre qui nous soutien. »

« Un homme à pied,  à cheval ou à vélo voit plus, sent plus et savoure plus de choses en un seul mile qu’un touriste à moteur en cent. Mieux vaut flâner deux semaines dans un parc qu’essayer d’en voir douze à toute vitesse pendant le même laps de temps. »

« Nous nous soucions du temps. Si nous pouvions apprendre à aimer l’espace aussi profondément que nous sommes aujourd’hui obsédés par le temps, nous découvrirons peut-être un nouveau sens à l’expression vivre comme des hommes. »

« Une autre chose est sûre. Les indiens précolombiens du Sud-Ouest qui chassaient, taillaient des pointes de flèches, partaient en expéditions de collecte de sel ou s’occupaient à d’autres choses encore, jouissaient à l’évidence de beaucoup de temps libre. C’est un constant louangeur pour l’économie de la chasse et de la cueillette, et pour la culture qui va avec, qui encourageait les indiens à utiliser leur liberté pour la création et le partage d’un art durable. Non entravés par la nécessité de consacrer l’essentiel de leur vie à la production, distribution, vente et à l’entretien de machines destinées à permettre de travailler moins, privés d’équipements de loisirs dignes de ce nom, ces sauvages primitifs étaient libres de faire ce qui est aussi naturel à l’homme que de faire l’amour : graver des images. »

« Issus d’une tradition qui place le partage et la solidarité au-dessus de l’intérêt privé, le Navajo trouve assez immoral qu’un homme prospère tandis que ses voisins trimardent. Si un membre de la tribu parvient à briser ce schéma –grâce à un coup de chance, à son talent ou à une formation spéciale- et se trouve une niche dans la société riche, il peut également s’attendre à voir les membres de sa famille et de son clan camper sur sa terrasse, chasser dans sa cuisine, emprunter sa voiture et occuper ses chambres à coucher à toute heure du jour et de la nuit. Les Navajo tiennent l’hospitalité et la générosité dans l’hospitalité comme allant de soit, et l’égoïsme est considéré avec horreur. Doit-on vraiment s’étonner, dès lors, que traînant le boulet d’attitudes si primitives, les Navajo n’aient pas encore réussi à s’intégrer dans notre style de vie ? »

Autour de la définition de « wilderness » :

«Nous savons à peine ce que nous entendons lorsque nous prononçons ce mot, mais le son qu’il fait attire tous ceux dont les nerfs et les émotions n’ont pas encore été irrémédiablement abrutis, engourdis, tués par le rut du commerce, la course frénétique pour le profit et la domination. […] La wilderness peut-elle se définir dans les termes de l’officiel sabir gouvernemental comme simplement « un minimum de 5000 acres contiguë de zone sans route » ? […] C’est insuffisant, il se joue là quelque chose d’autre. […]  Mais l’amour de la nature sauvage est plus qu’une soif de ce qui est toujours hors d’atteinte ; c’est aussi une affirmation de loyauté à l’égard de la terre, cette terre qui nous fit naître, cette terre qui nous soutient, unique foyer que nous connaîtrons jamais, seul le paradis dont nous ayons besoin –si seulement nous avions les yeux pour le voir. »

H.

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