Le Québec 1 : Des Mille-Îles aux Baleines.

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Nous reprenons donc notre traversée du « désert » après cet oasis que fut Toronto. Direction le Nord-Est, le pays du sirop d’érable et de la bière du diable : le Québec. 25 ans après, pour moi -5 ans de mieux que les mousquetaires- ce n‘est pas rien ! Pour le chemin à suivre c’est facile : longer le lac Ontario jusqu’à sa limite Est, là où il se transforme en fleuve St Laurent. Suivre ce-dit fleuve jusqu’à plus soif.

Mais d’abord une petite halte aux Mille-Îles, un endroit sympathique, conseillé par la non moins sympathique Caro. Là, une route côtière nous permet de nous rendre compte à quel point les Canadiens aiment avoir leur maison au bord de l’eau, avec leur ponton à eux et leur(s) bateau(x).

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Ils vont même jusqu’à coloniser le moindre caillou qui dépasse de l’eau. Ainsi certains semblent ne vivre que sur le fleuve, avec le bateau comme moyen de locomotion, et pour faire les courses, les épiceries où l’on peut se « garer » en bateau. Cette tendance se confirmera par la suite, il n’y a pas que les bords du fleuve qui soient colonisés : le moindre lac, la moindre rivière ont sa ou ses maison(s) qui les bordent avec ponton et tout et tout.

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Au bout de la route, un petit parc permet aux enfants de se détendre et à tous de se baigner dans une eau plutôt propre. Et, ô surprise, une douche avec eau chaude nous attend pour nous débarbouiller après la baignade.

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10-09-14 Thousand Islands (12) 10-09-14 Thousand Islands (5) 10-09-14 Thousand Islands (2) Déjà le rangement pour l’hiver!

Un petit changement de dernière minute nous fait éviter Montréal par le Nord ; nous sommes décidément des rats de champs, nous verrons au retour si nous y passons. Nous atterrissons donc à Lachute où nous profitons d’un Wifi pour passer du temps sur skype avec la famille entre deux leçons.

Encore quelques heures de route et nous voici arrivés à la ville de Québec. Une très jolie ville avec un vieux quartier où le mot vieux n’est pas à mettre entre guillemets. Fondée en 1603 par Champlain, sur un terrain déjà occupé par un village de Wendake (les natifs du coin), c’est devenu un bastion fortifié servant de base arrière au marquis de Montcalm lors des guerres coloniales entre français et anglais. La ville elle-même aura servi de cadre à plusieurs batailles. L’une, fatale à Montcalm et à l’issue de laquelle la ville change de main, sonne la fin de l’aventure française au Canada. Par la suite, les anglais fortifient la ville et … il n’y aura plus d’attaque. Nous pouvons donc admirer de magnifiques murailles inusitées.

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Comme j’ai été frustré de tour de France cette année, j’ai mon lot de consolation avec le GP de Québec, course où Thomas Voeckler a brillé par le passé. Le seul problème, c’est que ça désorganise la circulation et donc pour se garer en ville c’est coton. Nous optons pour un parking devant la gare et nous récolterons notre prune habituelle : après S.F. et Toronto… Québec. Aussi, il faut nous comprendre, rats des champs et… voilà.

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D’autres vues de cette charmante ville:

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Nous ne pouvions pas quitter la ville sans goûter la « poutine » (encore une suggestion de Caro), ce sera fait chez Ashton, l’inventeur de la recette selon l’office du tourisme. La poutine : pas de vodka ni de conflits, ce sont juste des frites saupoudrées d’un fromage genre mozzarella, le tout assaisonné de jus de viande épaissi. Nous avons opté pour des portions mini (il y avait aussi les formats bébé ou reg.), dont deux avec saucisse, et les enfants n’en sont pas venus à bout. J’ai été obligé de finir leur part. Un sacré cocktail de calories qui tombait assez bien, la température commençant à franchement descendre.

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Et sur ce repas pantagruélique, nous tournons le dos à Québec, roulons un peu et nous nous retrouvons aux chutes de Montmorency.

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Ça faisait longtemps, ça commençait à nous manquer. En tous cas, c’est toujours aussi impressionnant. Et nous constatons que, comme pour le vin l’étalon est toujours le Bordeaux, pour les chutes, ce sont celles du Niagara qui servent de référence. Celles-ci sont plus hautes de 30 m que celles du Niagara. Il faut venir voir pour comparer. Au passage, dans les embruns, nous avons observé des « arcs » en ciel tout ronds, fermés. Bizarre.

Petit trajet à la tombée de la nuit le long de la côte (le St Laurent est tellement large ici que l’on peut parler de côte),

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traversée du Saguenay sur un bac (gratuit) et nuit à Tadoussac.

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Tadoussac ? C’est quoi encore ce trou paumé ?

En fait, c’est le spot pour approcher des baleines à coup sûr. J’ai gardé un bon souvenir de l’expérience d’il y a 25 ans, même si je ne mesurai pas alors la chance que j’avais. Et forcement c’était mon petit caprice de 1500 miles : j’avais envie de partager cela avec Helena et les enfants. Certes, l’excursion n’est pas donnée, mais c’est unique : deux heures sur l’eau au plus près des baleines ! Façon de parler, en fait on ne peut s’approcher à moins de 100 m (400m si c’est une espèce en danger). Cependant la baleine, elle, peut faire la curieuse et frôler le bateau. Cela m’avait fait tout drôle à l’époque de voir que le rorqual commun qu’on observait était plus grand que notre bateau. Mais cette fois, elles sont restées plus sages. Cela ne nous a pas empêché de nous régaler. Tout d’abord, on nous équipe avec des vêtements genre pour le ski. Et ce c’est pas de trop par dessus les épaisseurs que nous avions déjà prévues!

13-09-14 En route pour les baleines (6) 13-09-14 En route pour les baleines (3) 13-09-14 En route pour les baleines (2)

Pour commencer deux petits rorquals à la sortie du port (petite bête de 8m et 8t environ)

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Nous continuons les amuse-bouche avec des phoques gris et des marsouins (genre de petits dauphins)

Pour en arriver à la baleine à bosse : Blanche neige (ou Blizzard), à cause du dessous de sa queue entièrement blanc.

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Il s’agit là du troisième plus gros animal porté par notre planète (13m , 20 à 30t) derrière le rorqual commun (jusqu’à 50 t) et le rorqual bleu ( ou baleine bleue) de 80 à 130t. Toutes ces bébêtes peuvent être observées ici, mais il faut être assez chanceux pour voir la bleue, elle ne vient qu’occasionnellement. En tous cas, nous, faute d’avoir vu la plus grosse, nous aurons vu la star ! Celle qui sort sa queue de l’eau, et c’est tellement plus joli ! Parfois même elle « saute » mais nous n’y avons pas eu droit. Ça nous oblige à revenir une autre fois.

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Là, une vidéo, avec queue (de baleine) qui sort, cris d’extase et tout et tout.

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Et enfin sur le retour, un groupe de résidents permanents : des bélugas. Gros dauphins blancs sans aileron (jusqu’à 1,5t).

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Nous ne pouvons pas trop nous approcher d’eux étant donné qu’ils sont une espèce en danger. A vous de zoomer.

Pourquoi une telle concentration de grands mammifères marins à cet endroit ? Pour commencer, il faut dire qu’ici nous ne sommes plus vraiment dans des eaux de fleuve, l’eau douce est devenue salée au niveau de Québec (c’est ce que « Québec » veut dire en langage des natifs). De plus, nous sommes à la confluence entre le fjord du Saguenay et le St Laurent. L’eau est froide de 0 à 4 °C. Toutes ces conditions réunies font que le milieu est particulièrement riche en plancton. Et comme les baleines en sont friandes, elles accourent ici après une saison des amours passée dans les eaux pauvres de la mer des caraïbes. Elles arrivent au début de l’été complètement « sèches », et repartent en octobre avec, de 4 à 5 t de plus sur la balance. Pas étonnant qu’elles prennent autant, elles consomment jusqu’à 1t de nourriture par jour !

Voili voilou, et comme nous l’a dit Joë, notre capitaine de zodiac : « C’ pâs que j’ vous aime pâs là, mais, ç’la fait deux heures, ‘faut rentrer maint’nant. »

PS : Super dur de transcrire l’accent québécois. Une raison de plus pour venir.

F.

3 réflexions au sujet de « Le Québec 1 : Des Mille-Îles aux Baleines. »

  1. DUPIN GLEYZES

    Salut la famille!

    On rêve d’aller au Quebec avec Samuel voir les baleines…..ça donne vraiment envie!

    Bonne route pour la suite de vous aventures!

    Bises de toute la famille!

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  2. Boisselier

    Salut la petite famille,
    Toujours aussi sympa de suivre votre périple. Vous nous faites vraiment rêver avec vos photos. Celles du Québec nous rappelle notre voyage de 2011 où nous avions fait la même chose que vous.
    Bonjour de toute la troupe scoute de Peyrehorade qui a fait sa rentrée le 21 septembre (pleins de nouveaux enfants et chefssss !!!! )
    grosses bises
    Dorothée, Thibault et Mathieu

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  3. Julien

    Quelle chance… si j’ai eu l’occasion de découvrir le Québec sous la neige, je n’ai pas eu la possibilité de partir à la rencontre des baleines. Je vous envie… c’est pour moi un rêve de gamin ( notez bien que j’ai évité d’écrire rêve de « gosse » car au Québec ce mot n’a pas vraiment la même signification). Votre voyage à l’air de se dérouler au mieux et nous vous accompagnons « virtuellement » avec grand plaisir.
    Bravo pour la rédaction des articles.. régularité, informations utiles… c’est du sérieux !!! Nous avons donné l’adresse à de nombreuses personnes qui demandent de vos nouvelles.

    ps pour Fredo : que c’est dur de reprendre l’escalade… j’ai du égarer mes bras durant les deux mois de vacances… s’ils dérivent au grès des courants marins jusqu’aux rivages du nouveau monde, merci de me les faire parvenir au plus vite car Janick démarre sur les chapeaux de roue. Si ça continue, même le petit Mathieu va me dépasser… HELP ! ( c’est le seul mot d’anglais que je maîtrise à peu près… Arthur pourra toujours me donner des cours à son retour ! )

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