Texas et passage de frontière

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Petit ajout sur la Louisiane: le Mississippi n’est pas visible depuis la route ou les champs: une butte ajoutée au bourrelet naturel de dépot d’alluvions, construite par l’homme pour retenir l’eau qui arrive au printemps, cache le fleuve.

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Après avoir profité d’une aire de repos aménagée en mini visitor center du coin, avec une exposition sur la faune et la flore et un petit cinéma qui nous présente un avant-goût de ce qu’on peut découvrir dans la région d’Atchafalaya (avant Lafayette) et qui nous fait regretter de ne pouvoir rester plus longtemps, nous partons vers le Texas. Juste arrivés sur le sol texan, près de la route, on voit nos premiers alligators.

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Eh oui, c’est que le Texas n’est pas entièrement celui qui se forme dans notre esprit, celui du pétrole et du désert. Là où nous passons, c’est toujours marais, lagunes et routes sur pilotis.

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On voit bien des raffineries de pétrole sur la route quand même !

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C’est ainsi qu’on roule jusqu’à Victoria, ville où on compte faire l’appoint de pièces des rechange pour la voiture. Sur la route, un gendarme nous demande de nous arrêter… Mince, qu’est-ce qu’on a fait ? Il ne s’agissait tout compte fait que de connexion de câbles, les lumières à l’arrière du camper ne s’allumaient pas. Nous avons pas mal discuté, notre voyage intéressant l’officier. Très sympa.

Nous avons  fait des emplettes pour de menues améliorations dans le camper, de l’huile, du liquide de frein, mais il nous manque des plaquettes de freins, des filtres. Nous allons donc dans un NAPA Auto Part ; là encore, nous rencontrons un gars super gentil. Non seulement il n’a pas cherché à nous refourguer tout son bardas, mais il a voulu comprendre nos besoins et nous aider à comprendre quelle fuite on a sur le frein arrière gauche. Nous voilà donc à démonter les pneus arrière ; on constate qu’il s’agit du liquide de frein qui fuit à l’intérieur du tambour. Le gars s’inquiète quand même de nous laisser faire le démontage du tambour nous-même, de peur qu’au remontage, les réglages soient imprécis.

Le voila qui se glisse sous la voiture.

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Il se renseigne auprès d’un collègue qui nous ferait la vérification des 2 trains pour moins de 500 $. Ça change des 2400$ que le garage de la Nouvelle Orléans nous proposait (rien que pour les freins). On se rend donc chez le garagiste qui nous fera la vidange, la réparation du train arrière et le check up du train avant ainsi que de la direction pour 400 $.

On ne s’en sort donc pas si mal. Le mécanicien nous précise aussi que, selon lui, l’état de nos freins devrait nous amener au Chili sans problème. Pas besoin, donc, de plaquettes,… Pendant ce temps, les enfants et moi restons près du camper que nous avons posé sur ses 4 pieds sur un parking voisin. On s’est lu le début de Cyrano de Bergerac pour patienter.

Une fois le véhicule prêt, les petites pièces de dollar dépensées, nous roulons jusqu’à la frontière, Brownstown où nous nous posons vite d’un, à cause des moustiques les plus voraces jamais rencontrés (piqûres douloureuses !), et de deux, parce qu’on projette de partir de bonne heure le lendemain.

Réveil donc, à 5h du mat’… pour rien : les mexicains n’ouvrent qu’à 8h ! On repart faire une micro sieste là d’où  l‘on vient. A 8h, inspection du camper puis, petit détour pour aller acheter le permis  d’importation provisoire de véhicule et visa.

Nous nous rendons donc dans le bâtiment correspondant.

Première étape : remplir les quatre demandes de visa que nous tend le gentil guichetier. Gentil, souriant, prévenant, pas lourdingue.

Pendant son absence, on en profite pour nous rendre au guichet de « cambio » pour changer nos dollars en pesos. Il se trouve que l’agent est le même gars qui fournit les assurances. Avant tout, je lui demande s’il y a, dans ce bâtiment, des choses à payer en dollars. Il me dit sur le ton de l’évidence qu’ici, au Mexique tout se paie en pesos ! Je change donc nos 120 derniers dollars américains.

Puis deuxième étape : il faut passer prendre l’assurance et faire des photocopies. Deux petits placards avec vitre nous attendent. Le gars de la photocopieuse, lourdingue à souhait, celui-là, n’est vraiment doué que pour radoter. Il nous fait une montagne de copies, toutes plus ratées les unes que les autres (sans que le nom de famille apparaisse, permis de conduire non déplié,…), copies inutiles (ancienne assurance x2), mais qu’il nous tend, toutes, au cas où ! On ne sait jamais.

Avec toute cette paperasse, on passe au guichet contigu, qui nous propose une assurance à 151 dollars US par mois !! Plus cher qu’aux Etats Unis ! On n’arrive à faire descendre le prix qu’à 141 $.

Et là, nous arrivons au moment de payer, et les gens habitués à ce genre de pays voient déjà ce qui va suivre : le gars nous annonce qu’il va falloir régler en dollars ! Je garde mon calme, ça fait déjà 1h30 qu’on est dans ces bureaux à attendre (4h30 que nous aurions aimé être passés), et je lui rappelle qu’une demie heure auparavant, il nous disait que tout était en pesos ! Il ne bataille pas et nous donne la somme correspondante en monnaie du pays. Hélas, nos pesos ne suffisent pas, et l’histoire serait moins drôle si « la terminal » de carte bleue fonctionnait ! Il faudra marcher 20 minutes (sans visa !!!) jusqu’au supermarché de Matamoros pour trouver un guichet automatique, alors qu’il y a deux banques collées au bureau des douanes ! Fredo s’y colle, nous attendons son retour hypothétique…

Une fois l’assurance payée, le sketch n’est pas fini ! Rassurez-vous ! Il ne reste, normalement, plus qu’à payer les visas et l’autorisation d’importation. La dame, très pro, nous prie d’aller re-refaire des photocopies car celles fournies précédemment ne sont pas assez lisibles ou pas entières, ce que nous faisons en serrant les dents… puis elle demande les documents du camper, parce qu’elle peut autoriser l’entrée du véhicule dans le pays mais pas celle du camper.

On sait très bien comment finira cette histoire : après nous avoir bien enquiquiné (nous sommes les seuls « clients » dans ces bureaux depuis environ 8h30 du matin) et après une longue attente, c’est nous qui les gênerons tant, qu’un gars va finir par décider de nous laisser passer, de guerre lasse.

Dans les faits, nous demandons ce qui va se passer maintenant. Aux USA, l’administration ne nous a pas fourni de papier; que peut-on faire de plus? La dame propose qu’on intercepte un « chico con chaleco naranja » pour lui demander la procédure à suivre. Alors un nouvel épisode d’attente a lieu. On s’assoie. C’est là que le guichetier numéro 1, le prévenant, s’enquiert de l’évolution de nos démarches. Après exposition de la situation, il se propose d’aller chercher la personne en question. Ce qu’il fait avec beaucoup de diligence !

Le monsieur en question, qui n’a pas plus l’air affairé que tous les autres (comprenez, il n’y toujours que nous et quelques moustiques dans ce bâtiment), bref, ce monsieur –je vous la fait courte- va voir un des douaniers (ceux qui fouillent les véhicules et vérifient les passeports), puis un autre. A trois, ils discutent de la situation. (Si cela peut être discuté, c‘est bon signe pour nous !) J’argue que nous voyageons en famille dans le camper, qu’on ne compte pas abandonner le camper au Mexique, puisqu’on est en transit vers le Chili.

Ils finissent par se mettre d’accord –hein ? qu’est-ce que je disais ?!- et nous retournons ensemble voir la compañera qui, d’un coup de tampon magistral et d’un coup de carte bleue (59$ de permis + 200$ de dépôt à récupérer au Guatémala/Bélize), nous donne nos permis et visas.

Il faut maintenant déposer la moitié de chaque document au guichet numéro 1 et faire un grand sourire de gratitude en espérant que nos ennuis sont finis. Après tout, heureusement que l’on se débrouille en espagnol, parce que ça aurait pu facilement durer une journée entière ! Il ne manque que le gugus de la photocopieuse qui vient nous faire remarquer que si nous n’avions pas pris d’assurance chez eux les photocopies auraient été payantes, mais que dans notre cas, le « patron » nous en faisait cadeau ! … Royal, le gars ! Incompétent mais pédant.

Ouf ! Après collage du permis sur le pare-brise, vérification des passeports et visas, on est enfin autorisés à quitter la zone !!! Il est 12h, on a déboursé 400€ (dont 200$ sont à récupérer… L’espoir fait vivre !). Dégoûtés par l’heure tardive qui nous oblige à attendre demain matin afin de rouler de jour jusqu’à Poza Rica, nous faisons la tournée de quelques commerces pour remplir notre frigo vide (nous n’avons pas voulu réitérer l’épisode des tomates de la frontière américano-canadienne), trouver un abonnement téléphone, remplir nos bouteilles de gaz. Je fais la connaissance d’Alfredo qui m’aide à chercher une carte du Mexique, en vain.

Il nous reste les militaires à aller voir, car, à la frontière, un des gars a dit qu’il y avait peut-être des convois avec escorte militaire qui partaient tôt le matin vers Tampico. Ces militaires avec qui on a bien passé une vingtaine de minutes, nous ont parlé d’une situation qui s’est calmée depuis un an, et qu’il y a des postes militaires tout au long de la route et que l’on pouvait s’avancer jusqu’à Soto la Marina et là, demander à un des postes, la protection pour la nuit. Nous leur offrons quelques pièces d’euros para sus niños et nous voilà sur la route.

Nos premières pyramides:

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Paysage du nord est du Mexique.

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Les militaires sont effectivement omniprésents, lourdement armés, jeeps, sacs de sable, barrages sur la route et contrôle d’identité. Tout d’abord dans une région peu peuplée, la route nous permet de bien rouler ; mais au fur et à mesure que nous descendons dans le sud, il y a de plus en plus de trous énormes partout sur la route et de plus en plus de de voitures qui font des slaloms pour les éviter.

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C’est ainsi –sans doute- qu’un semi-remorque s’est placé en travers de la route, sa cabine à 100° par rapport à la remorque, et de l’autre côté du camion, une voiture écrabouillée de l’avant, l’ambulance, une file de voitures, et l’armée qui arrive, entièrement cagoulée. On doit contourner l‘accident par la gauche, dans l’herbe en contre bas. Ouf, ça passe. Ouf, ça ne nous est pas arrivé!

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Mais que de frayeurs sur la route ! Tombez dans un de ces trous géants et vous perdez le train avant et la moitié des passagers ! On avance de plus en plus lentement d’autant plus que les bourgades (‘poblados’) sont plus nombreuses, d’où une quantité incroyable de ‘topes’ (dos d’âne) qu’il faut prendre presque à l’arrêt tellement ils sont durs, pas toujours annoncés, toujours couleur route.

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Et ne parlons pas des similis travaux de réfection des routes. Quelle misère !  Ici, ils économisent chaque centimètre de goudron potable, ce qui donne des réparations très très parcellaires, un genre de puzzle avec des zones de trous (goudron gratté), et des zones de pièces neuves.

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Néanmoins nous atteignons Soto la Marina. Ne voyant pas les militaires, nous demandons  à 2 hôtels une place pour nous garer : l’un invente 300 pesos sans aucune commodité, l’autre, à l‘accueil bien plus chaleureux, 50 pesos (3,30€). C’est pour ce prix-là que nous avons bien dormi, sous une lune pleine et sous la protection du point de contrôle de l’armée qui vient de s’installer.

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Sur la route, le lendemain, nous achetons quelques kilos d’oranges de l‘Etat de Veracruz. C’est marrant, ils les vendent vert jaunissant. Mais elles sont bonnes.

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La vitesse de progression ne s’arrange pas. Poza Rica se profile le soir tombant. Nous nous arrêtons dans un hôtel un peu cher, mais avec piscine et douches. Cela fait du bien, un peu de confort. Ici, il n’y a pas de camping. Seuls quelques hôtels sont équipés pour accueillir des RV.

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Enfin, on a changé de monde, radicalement. Entrée en matière  un peu sport. On est dévisagés comme des animaux de zoo. Il faut nous habituer à un fonctionnement nouveau : un joyeux bazar, et ce n’est pas pour nous déplaire, sous certains aspects. Le prix de l’exotisme.

H.

Une réflexion au sujet de « Texas et passage de frontière »

  1. Yannick et Alice

    Hé bien le passage de la frontière ça a du être quelque chose ! Vive l’administration. Impressionnant ces trous dans la route et le contraste avec les USA. On est soulagés que vous soyez sortis de cette zone sans soucis, on attend maintenant les photos des vraies pyramides ! Bisous à tous les 4

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